Iris Van Herpen. Sculpting the senses

Une immersion sensorielle de toute beauté dans l’univers d’une créatrice qui transcende la mode en art total du vivant
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Musée des Arts Décoratifs
107 Rue de Rivoli
75001
Paris
01 44 55 57 50
Le mardi, mercredi et vendredi, de 11h à 18h Nocturne le jeudi et le samedi jusqu’à 21h. Nocturne le dimanche jusqu’à 20:00. Le mardi, mercredi et vendredi, de 11h à 18h. Nocturne le jeudi et le samedi jusqu’à 21h Nocturne le dimanche jusqu’à 20:00
Tarifs
Musée des Arts Décoratifs
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Thème

Née en 1984, la néerlandaise Iris Van Herpen est une créatrice de mode, ou plutôt une artiste, absolument unique.

Son travail, marqué du sceau de l’audace et de la curiosité la plus extrême, mêle imaginaire foisonnant, techniques artisanales, savoir-faire ancestral, design et technologies de pointe qu’elle utilise en pionnière dans sa discipline. 

Fascinée par la nature et toutes les formes de vie de l’infiniment grand à l’infiniment petit, elle y trouve des sources primordiales d’inspiration, s’appuyant entre autres sur les recherches en sciences naturelles et les expressions artistiques de leur connaissance.  

L’exposition permet de découvrir son style au travers de plus d’une centaine de pièces de haute couture présentées autour de neuf thèmes, par exemple l’eau ou les forces du vivant, dans une scénographie raffinée sublimée par le parcours sonore créé spécifiquement par le designer sonore Salvador Breed.

Points forts

C’est une exposition à ne pas manquer car vous ne verrez pas du Iris Van Herpen dans les rues, sur les Parisiennes, ni nulle part ailleurs, ni même des inspirations, des déclinaisons ou des copies comme l’industrie est si prompte à en produire. 

Les pièces de la créatrice plongent d’emblée dans un univers absolument original, un monde à part, dans lequel le vêtement n’est plus parure mais prolongement complice du corps ou mise en exergue d’une de ses composantes, serait-elle microscopique. 

Les oeuvres deviennent l’expression d’un manifeste sur notre être intérieur et sa relation avec son environnement, l’influence de la matière, de la lumière : les ondulations, déploiements ou structures affirmées des pièces, traduisent et transcendent des sentiments humains aussi fondamentaux que la dignité, la droiture, la souplesse, la fierté, la joie ou la tendresse, la complexité, la sensualité, la fragilité aussi. 

Dentelle, fibre artificielle écoresponsable, coupes laser, constructions en imprimante 3D, vous emmènent dans un voyage dans les cellules, les membranes, les nerfs, les émotions, la grâce du mouvement du vivant, d’une beauté époustouflante, d’une poésie captivante.

On est frappé par l’onirisme, la démesure, puis saisi par le fort sentiment de respect qui, à n’en pas douter, est une valeur cardinale pour la créatrice. Respect et amour du corps, de la nature, respect du travail et du temps, respect de la rigueur créatrice sans concession aux diktats de l’industrie. 

Chaque salle offre un nouveau paysage, une nouvelle couleur, une autre vibration.

A l’instar du cinéma commercial et celui d’art et d’essai qui coexistent, il y a une mode commerciale, serait-elle la plus sophistiquée, et la création d’Iris Van Herpen loin, très loin des modes, comme une déclaration d’amour au monde du vivant dont le corps humain est un maillon. 

Découvrir ses créations et son univers de travail donne vraiment un sens à la présence de la mode dans les musées.

Quelques réserves

Absolument aucune. Essayez de venir en nocturne, il y a beaucoup de visiteurs, qui prennent beaucoup de photos...

Encore un mot...

Des œuvres d’art sont dispersées le long du parcours, créations contemporaines comme aquarelles du XVIIIe siècle ou objets de cabinet de curiosité, dans un dialogue éclairant avec les vêtements, qui deviennent elles-mêmes des œuvres d’art à part entière.

Une phrase

« Elle compose autour des corps physique, mental, émotionnel et éthérique, cherchant à déclencher, par le vêtement, un dialogue entre le corps et les sens. Ses robes sont une invitation à pénétrer dans une société en pleine métamorphose, à vivre des expériences sensorielles et extrasensorielles. (...) Créatrice aux multiples talents, elle fait naître de ses mains et de ses machines bien plus que des robes. Elle interroge avec philosophie, poésie mais aussi engagement, une sphère moderne rattrapée par ses paradoxes, étouffée par des crises climatiques et sociétales. » Extrait du catalogue de l’exposition.

L'auteur

Née en 1984, Iris van Herpen grandit dans le village de Wamel aux Pays-Bas, en osmose avec la nature et le monde du vivant qui sont, avec la danse classique et contemporaine qu’elle pratique intensivement dès son plus jeune âge, les éléments fondateurs de son rapport au corps et au vêtement. Après une période formatrice auprès d’Alexander McQueen et de Claudy Jongstra, elle fonde, en 2007 à Amsterdam, la Maison Iris van Herpen. Elle intègre, quatre ans plus tard, à 27 ans, la Chambre Syndicale de la Haute Couture à Paris.

Ses rencontres et ses collaborations avec des artistes et des entreprises à la pointe de l’innovation deviennent de véritables moteurs créatifs. En 2012, le Groninger Museum lui consacre sa première grande exposition.

Commentaires

Véronique Pugibet
jeu 08/02/2024 - 21:00

Les matières, la mise en scène qui semble épouser et envelopper les pièces exposées, le parcours sonore... tout cela donne envie d'y courir. Merci

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