Modernité suisse, l'héritage de Hodler

Entre tradition et avant-garde, la Suisse a inspiré une modernité unique
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Palais Lumière - Évian
Quai Charles-Albert Besson
74500
Evian
Le mercredi, jeudi, vendredi, jours fériés et les week-ends de 10h à 18h. Ouvert le mardi matin pendant les vacances scolaires.
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Thème

À l'instar du pays lui-même, la montagne est la porte d'entrée de la peinture suisse.
 Alors qu'au 19ème siècle les paysages représentés ailleurs sont surtout des bords de rivière, des forêts ou des falaises au bord de la mer, en Suisse ce sont les montagnes et les lacs.
 C'est ainsi qu'après une période classique où de très bons peintres nous donnent à voir la montagne d'une manière à la fois spectaculaire et charmante, plus tard , à la fin du siècle et au début du 20ème, ils cherchent à nous faire partager les sentiments qu'ils éprouvent devant ces paysages grandioses.
 C'est la modernité qu'ils découvrent particulièrement dans la peinture française qui leur permet cette transition, non seulement à propos de leurs chères montagnes mais encore sur des sujets de la vie quotidienne .
 Voilà des gens de pays qui vivent, travaillent durement et meurent.
 Il y a beaucoup de force et de crudité dans ces toiles qui n'hésitent pas à montrer la peine au travail, la mort et le deuil tout en exaltant des vertus typiquement suisses comme le réalisme, l'opiniâtreté et la détermination.
 Voilà aussi des montagnes sublimées par des formes plus ou moins géométriques et éclairées par des contrastes violents et des couleurs vives.

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L'exposition :
 En la plaçant sous la férule de Ferdinand Hodler (1853-1918), le peintre suisse le plus connu, les commissaires de cette belle exposition ont fait le choix de nous présenter, dès l'entrée de la première salle d'exposition, ce peintre et ses suiveurs, Albert et David Schmidt, dont les autoportraits se répondent ; celui de Hodler, au regard quelque peu halluciné.
 Les salles d'exposition se succèdent ensuite sur deux étages avec chacune un thème particulier.

 Après Hodler, les rivalités qu'il a suscité chez ses pairs avec notamment Eugène Burnand, lui-même excellent peintre paysagiste et animalier.
 Puis la femme symboliste, et une salle particulièrement intéressante, le travail et les loisirs : c’est là en effet que la célèbre toile du musée d'Orsay, retenue pour l'affiche de l'exposition, qui représente un bûcheron en plein effort, nous saute aux yeux.
 L'arc de l'homme et de la hache brandie induit un mouvement qui nous terrifie presque autant que le petit arbre déjà bien attaqué à sa base.
 On trouve là encore une gravure d'Edouard Vallet qui montre deux scieurs de long en plein travail, témoignage d'un métier perdu.
 Ainsi que, peints par Hodler, Burnand ou d'autres, des laboureurs, des faucheurs…
 La salle suivante montre, d'une manière crue et inhabituelle, la maladie et la mort avec même le portrait de Hodler sur son lit de mort.
 Puis des paysages lacustres,des portraits, des arbres, des montagnes et enfin, dans la dernière salle réservée aux divergents par rapport aux voies suivies par Hodler.
 On voit là, à côté d'une étonnante baigneuse de Félix Valloton, une très grande toile d'Oscar Lüthy représentant, dans un paysage éclatant de montagne, une femme et un enfant, en silhouettes d'ombre, tirant une luge sur laquelle est posé un cercueil; elles se dirigent vers une chapelle qu'on aperçoit au loin dans la neige…Cette scène, dans ce décor écrasant, est saisissante.

Points forts

⁃ Le Palais Lumière au bord du lac Léman qui donne un cadre magnifique à l'exposition.
 ⁃ La thématique du parcours proposé permettant une vue d'ensemble de la peinture suisse moderne de la fin du 19e siècle au début du 20e siècle.
 ⁃ La qualité de l'accueil et la fréquentation raisonnable qui permet un vrai contact avec les œuvres.
 ⁃ Le programme d'animations spécifique et une vidéo intéressante de la Commissaire de l'exposition Hodler du musée d'Orsay.
 ⁃ La découverte d'une peinture suisse de grande qualité mais un peu méconnue.

⁃  Le très beau catalogue en vente à la boutique du Palais Lumière : 39 €

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Quelques réserves

Une seule pour l'absence du peintre Albert Anker (1831-1910) qui, avec ses intérieurs intimistes, aurait pu témoigner d'une part de la vie en Suisse à cette époque. 

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