Départ (s)
Une merveille d’humour British en forme de révérence
De
Julian Barnes
Stock
Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin
Parution le 21 janvier 2026
240 pages
20,90 €
Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin
Parution le 21 janvier 2026
240 pages
20,90 €
Notre recommandation
4/5
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Thème
- Julian Barnes, le plus francophile des écrivains anglais, l’a annoncé lui- même : à 80 ans, Départ(s) est son dernier livre, l’ultime, celui qui met fin à sa carrière d’écrivain.
- Il explore un territoire intime et universel : celui de la finitude. Le livre s’inscrit dans la lignée de ses textes les plus personnels - Une fille qui danse (2024) ou Par la fenêtre (2014) - mêlant réflexion, souvenirs et méditation sur la mort.
- Barnes n’y raconte pas une intrigue au sens classique, mais déroule plutôt un fil introspectif, nourri par ses expériences, ses lectures et ses obsessions. Il y est question du départ des autres - celui de proches et notamment sa femme - mais aussi du sien propre, envisagé sans pathos mais avec une lucidité presque clinique face à la maladie qui le ronge.
- L’écrivain interroge la manière dont chacun appréhende la mort, oscillant entre peur, déni et tentative de mise à distance par l’intellect.
Points forts
- Départ(s), comme dans tous les livres de Barnes, se distingue par la finesse de son écriture. L’auteur excelle dans cet art très britannique du mélange de l’ironie et de la gravité. Il parvient à aborder un sujet vertigineux avec une élégance rare, sans jamais sombrer dans le morbide. Son style, limpide et précis, rend accessibles des réflexions philosophiques parfois complexes.
- Comme si l’âge était synonyme d’honnêteté, Départ(s) est un ouvrage parfaitement lucide. Sur son auteur, sa vie, son entourage, l’Angleterre... Sur la mort par exemple, il ne prétend pas apporter de réponse définitive. Il expose au contraire ses doutes, ses contradictions, ses évolutions. Cette sincérité crée une proximité immédiate avec le lecteur, qui se reconnaît dans ces interrogations.
- Enfin, la richesse culturelle du texte est remarquable. Barnes convoque philosophes, écrivains et artistes pour nourrir sa réflexion, tissant un réseau de références qui enrichit considérablement la lecture sans jamais l’alourdir. Départ(s) reste un livre extrêmement accessible, bien que d’une remarquable hauteur de vue.
Quelques réserves
- Les fans des romans savamment construits de l’auteur pourraient lui reprocher son absence de véritable narration. Le livre s’apparente davantage à un essai qu’à un roman, mais l’histoire de ses amis Stephen et Jean est un fil rouge que l’on suit avec délectation.
Encore un mot...
- Départ(s) est un livre qui ne cherche pas à séduire mais à faire réfléchir. Il demande au lecteur une certaine disponibilité intellectuelle, voire une disposition à l’introspection et à la projection. En cela, il s’inscrit dans une tradition littéraire exigeante, mais profondément enrichissante.
- Ce n’est pas un ouvrage que l’on lit aussi bien pour se divertir que pour accompagner un questionnement personnel. Barnes y propose une forme de compagnonnage face à l’inéluctable, une manière d’apprivoiser l’idée de la fin sans céder à la panique ni au désespoir.
Une phrase
- « Quoi qu’il en soit, j’espère que vous avez pris plaisir à notre relation au fil des ans. J'y ai certainement pris plaisir. Votre présence m’a ravi - de fait, je ne serais rien sans vous. Alors je vais poser un instant ma main sur votre avant-bras - non n’arrêtez pas de regarder - et puis m’éclipser. Non n’arrêtez pas de regarder ».
(Dernier paragraphe du livre)
L'auteur
- Julian Barnes, né en 1946, est l’un des grands noms de la littérature contemporaine britannique.
- Auteur de romans majeurs comme Le Sens d’une fin (2020, prix Booker Prize), il est reconnu pour son style élégant, son humour subtil et son goût pour les expérimentations narratives.
- Son œuvre explore souvent les thèmes de la mémoire, du temps et de la vérité. Avec Départ(s), Barnes confirme sa capacité à transformer des questions existentielles en objets littéraires d’une grande intensité.
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