Dernière oasis

Nord de l’Irak, été 2014. Un superbe roman d’aventure aux mille facettes. Peut-être un beau jour voudras-tu retrouver avec moi les paradis perdus …
De
Charif Majdalani
Actes Sud
Parution : août 2021
272 pages
20 €
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

Un spécialiste de l’archéologie orientale, marchand d’art entre Indiana Jones et Arsène Lupin, est invité à venir expertiser un trésor d’objets assyriens dans une plantation située près de Mossoul, dans le nord de l’Irak. Il se retrouve dans la « dernière oasis » en plein désert jusqu’à ce que l’Etat Islamique s’invite dans ce havre de paix hors du monde et du temps.

Raphaël, notre archéologue, se trouve confronté aux événements dramatiques qui vont bouleverser la sereine beauté des paysages et le destin de ceux qui les habitent.

Points forts

  • Dernière oasis est une réflexion poignante sur la fragilité des trésors de notre monde confronté au déferlement d’une violence aveugle qui tentent d’effacer toute trace des autres civilisations
  • Dernière oasis est à la fois un roman d’aventure, un précis de géopolitique et une analyse fine des sentiments qui agitent les personnages plongés dans cette tourmente.
  • Le danger, tout d’abord impalpable, accentue la beauté des choses et rend la perspective de leur perte encore plus insupportable. Le temps, figé, rêvé, s’accélère brutalement pour exploser brutalement.
  • Les relations entre Raphaël et les autres personnages : le Général Ghadban, le capitaine Amine, sa fille la belle Chirine, son fils Jalil, le trouble Rahim Abou Ezz … dressent une cartographie parfois mystérieuse mais toujours passionnante des rapports qui lient des êtres et de l’évolution de ces rapports lorsque les circonstances deviennent exceptionnelles.
  • Dernière oasis est donc un roman aux mille facettes, et ce n’est pas la moindre de ses ambitions et de l’intérêt pour le lecteur : suspense, aventures, amour, trahison, poésie, histoire … La richesse du roman tient aussi dans le talent de Charif Majdalani à doser savamment ses différents ingrédients.

Quelques réserves

On pourra être embarrassé par le contexte politique et les relations complexes qui tour à tour unissent et séparent les belligérants qui sont les protagonistes de cette histoire. Mais pour peu qu’on fasse l’effort de s’intéresser de plus près au contexte, hélas sous le feu de l’actualité depuis de nombreuses années, on ajoutera au plaisir de la lecture l’apprentissage et une meilleure compréhension d’un monde étranger.

L'Irak est un berceau de notre civilisation. Sera-t-il son tombeau ?

Encore un mot...

On retrouve l’ambiance du Rivage des Syrtes de Julien Gracq et du Désert des Tartares de Dino Buzzati avec cette longue attente d’un danger qu’on attend et qu’on craint. Mais si le temps semble fuir et se diluer, il n’est ici nul héroïsme, nul rêve de grandeur, seulement la destruction attendue et inexorable de richesses inestimables, et de ceux qui croient encore en la beauté du monde.

Une phrase

« Je m’en voulais, je me raidissais très vite contre l’échevellement de mes pensées et de mes constructions, contre ce besoin de croire que tout est toujours planifié et maîtrisé par des organismes tout-puissants ou alors par des individus particulièrement malins et malfaisants, alors qu’il faudrait bien plutôt admettre que la complexité des choses, leur capacité à échapper à notre entendement, n’est que la manifestation de leur incohérence propre, du hasard qui les fait advenir, ou du désordre dans lequel les hommes les mettent par leurs maladresses, leur mauvais calculs ou leur incompétence ». (page 265)

L'auteur

Charif Majdalani est Libanais mais écrit en Français. Il est né en 1960 et vit à Beyrouth. Il est enseignant à l’Université saint-Joseph et a également été journaliste.

Marqué tout aussi bien par Garcia Marquez, Proust, Stendhal, T.H. Lawrence, Cormac Mccarthy ou Patrick Deville, il a écrit huit romans, traduits dans six langues.

Il a reçu le prix spécial du jury Femina pour Beyrouth 2020. Journal d’un effondrement.

Assurément un auteur à découvrir et à suivre !

 

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