Dessous les roses

Une fratrie se retrouve pour l’enterrement du père : souvenirs, rêves et réalité. Un roman séduisant mais quelques clichés stéréotypés.
De
Olivier Adam
Flammarion
Parution en juillet 2022
248 pages
21 Euros
Notre recommandation
3/5

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Thème

«  Tu crois qu’il va venir ? m’a demandé Antoine ».. « J’ai haussé les épaules. Avec Paul comment savoir ? »

Dans un pavillon de banlieue, la famille Eriksen se retrouve pour l’enterrement du père. La mère reste discrète. La sœur et les deux frères ainsi réunis vont égrener leurs souvenirs d’enfance, les bons moments, les jalousies, les incompréhensions. Ils ont vécu dans cette maison mais n’ont pas la même vision de la vie passée avec leurs parents.

Claire, la sœur aînée, est docile, conciliante avec chacun, soucieuse du bien-être des autres. Non révoltée apparemment, infirmière à l’hôpital, mère de trois enfants, son propre couple  est sur le point d’exploser.

Paul, auteur de théâtre et de cinéma… a construit son succès en utilisant les failles de sa famille, ou plutôt en ré-inventant la vie familiale. Paul qui semble n’être pas revenu dans la maison familiale depuis longtemps !

Antoine , le « petit dernier » réussit dans les affaires : révolté, plein de rancœur pour son aîné, et incapable d’assumer une vie sentimentale compliquée.

Nous sommes la veille de l’enterrement et le jour suivant. Chacun vide son sac en racontant sa vision de son enfance dans cette maison, avec un père sévère et maladroit.

Points forts

 Mis en scène à tour de rôle, Claire et Antoine démontrent tout au long du livre leurs caractères. Claire, tout en gérant sa propre histoire, tente d’alléger leurs ressentiments afin de rester unis pour leur mère.

 Antoine, virulent, par ses révoltes, semble chercher à prendre une place qu’il ne trouve pas.

 Paul cet auteur à succès, à la réussite étalée, tente de s’expliquer aux deux autres .Mais qui est-il en réalité ? Pourquoi  s’est-il servi de leur histoire en la déformant pour réussir ?

 Le père , bien que mort, est le personnage central de l’histoire ; comment sa sévérité et sa maladresse ont-elles impacté la vie de ses enfants ? 

En pleine dérive dans leurs vies personnelles, chacun semble vouloir tenter de garder des relations familiales autour de la mère. Mais là encore, quelle sera la réalité ?

Quelques réserves

 Un sujet maintes fois abordé :  les relations fraternelles, un père sévère, une mère discrète, une fille docile, un cadet hypersensible et homosexuel, un benjamin révolté et se cherchant dans sa vie sentimentale. Quelques clichés stéréotypés !

Encore un mot...

Dans un huis-clos, découpé en trois actes, et des scènes  comme au théâtre, l’auteur nous entraîne dans l’histoire de relations paternelles, maternelles et fraternelles difficiles.

Tout  tourne  autour du comportement du père avec chacun de ses enfants pendant leur enfance et leur adolescence ; sévère, maladroit donc, il leur laisse une vision différente de ces tranches de vie dans la maison des parents. La discrétion  de la mère se révèle au fil de notre lecture.

Comme cela peut arriver dans des familles, les vies de Claire et d’Antoine sont décrites comme « classiques » dans cette maison et leurs présences pour l’enterrement est tout aussi classique ! Le retour de Paul, qui a fait tant de mal par sa vision, me fait penser à l’enfant prodigue ; il revient, il est revenu et il faudrait tout accepter… Les deux autres découvrent avec stupeur un lien entretenu avec le père, lien qu’ils n’ont pas eu. 

L’auteur nous pose en quelque sorte une question : la fratrie peut-elle exister alors que les frères et sœur n’ont pas les mêmes souvenirs, et qu’ils sont différents ?

Le style est vivant par ses nombreux dialogues et l’enchaînement de l’histoire fait de ce livre une agréable lecture.

Une phrase

- «  Tout passe, tu sais, me répétait-elle souvent. Et c’était là l’essentiel de sa philosophie. Endurer. Faire le dos rond. Attendre que le temps fasse son œuvre. Avec patience et en silence » p. 21

- « ...Et à l’arrivée, l’écart n’a fait que se creuser. La distance s’est encore accrue . C’est le problème avec les mots. On dit qu’ils vont nous rapprocher. Gommer le  malentendu. Mais ils ne cessent de souffler sur les braises au contraire. » p.103

L'auteur

 Olivier ADAM est né en 1974. Partageant sa vie entre Paris et la Bretagne, il est l’auteur de nombreux romans : Je vais bien, ne t’en fais pas (Dilettante, 2000) dont fut tiré un excellent film, Des vents contraires (Editions de l’Olivier, 2009), Tout peut s’oublier (Flammarion, 2020) . Il écrit également des romans pour la jeunesse.

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