Les belles promesses
Publication le 6 janvier 2026
499 pages
23,90 Euros
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Thème
C'est la suite des aventures de la famille Pelletier.
Ici, on suit surtout l'aîné, Jean, surnommé « Bouboule », à l'allure bonhomme, mais serial-killer comme on l'a vu dans les trois précédents livres ; il dirige avec succès son entreprise de braderie permanente du prêt-à-porter et va participer à la construction du “périf” . Sa femme, Geneviève, archétype de la femme inculte, bête et méchante ( comme dit l'auteur « on adore la détester »...), ses deux enfants Colette et Philippe, la tante Thérèse, sœur malchanceuse de Geneviève, « bonne à tout faire » dans l'appartement, ne pas oublier le chat « Joseph » qui les suit depuis le début et a une grande importance ! On suit aussi François, le second frère, journaliste, qui commence à avoir des soupçons sur son frère aîné et enquête sur ces meurtres...Parallèlement, on suit un jeune agriculteur qui va subir le remembrement rural et tenter une première coopérative laitière avec la stabulation en ligne...malheureusement, cette tentative va échouer...ces deux mondes opposés vont se croiser à la fin de manière tragique.
Points forts
La construction très technique du roman montre bien l'opposition entre la « France qui va bien », croit au progrès avec l'idée d'un avenir radieux, la construction du périf parisien
(qu'on voudrait supprimer actuellement!) et le coût humain qu'il engendre avec les expulsions et la misère sociale ; et la France rurale n'est pas en reste avec les déconvenues d'un jeune fermier et ses essais malheureux qui en font un « laissé-pour-compte ».
Le focus sur cette famille Pelletier montre que la Famille est un condensé de la société, avec ses moments heureux et ses drames ; cette littérature populaire est appréciée car émotionnellement puissante : le besoin de fiction ne se perdra jamais ; on se rappelle Roger Martin du Gard avec Les Thibault et Jules Romains avec les Hommes de bonne volonté.
Quelques réserves
Aucune, le livre se lit d'une traite malgré les sujets différents qui se suivent mais n' altérent en aucune manière la compréhension.
Encore un mot...
Après le premier livre du cycle, au sujet plutôt exotique, le second plutôt social, le troisième d'espionnage, celui-ci, est plutôt policier.
Une phrase
«...Le titanesque chantier de ce boulevard périphérique qui, tronçon après tronçon, viendrait ceinturer la capitale. Cette débauche d'énergie, d'argent, de technique et de sueur était mise au service de l'objet emblématique de l'époque, du produit idéal du capitalisme qu'était devenue la voiture. » P.97
« Au cours de cette année épuisante, Manuel dût chercher la station de traite, les bidons, les mangeoires automatiques, acheter et faire venir des vaches hollandaises réputées très productives, négocier avec le « Crédit Agricole », soumettre le projet à la Chambre d'Agriculture, satisfaire aux premières exigences sanitaires de la Santé publique vétérinaire.» P.306
L'auteur
On ne présente plus Pierre Lemaitre, romancier et scénariste, qui a commencé par écrire des romans policiers, puis s'est lancé dans ce « balayage » du XXème siècle, avec la famille Péricourt Les enfants du désastre, fresque de 3 volumes de 1914 à 1940 édités par Albin-Michel : Au revoir là-haut (20213), Couleurs de l’incendie (2018), Miroir de nos peines (2020); puis la famille Pelletier, Les années glorieuses, fresque en 4 volumes édités chez Calmann-Lévy : Le grand Monde (2022), Le Silence et la Colère (2023), Un avenir radieux (2025) et Les Belles Promesses (2026).
Il envisage une prochaine trilogie avec la troisième génération de cette même famille Pelletier, de 1970 à 1990, date de la Chute du mur de Berlin.
Pierre Lemaitre a reçu le prix Goncourt en 2013 pour Au revoir là-haut et un César en 2018 pour son adaptation au cinéma.
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