Madame Bijou
Parution en septembre 2025
216 pages
20€
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Thème
Un jeune garçon aime à fureter et explorer la ferme de sa grand-mère dans le sud de la France. En le regardant grandir, sa grand-mère attendrie ne peut empêcher les souvenirs de se bousculer dans sa tête, et notamment la période de grand bonheur en Algérie (du moins le supposons-nous car le nom du pays n’est jamais cité dans le texte), avant les « évènements » de 1962, où elle tenait avec sa famille le fameux Bijou-Bar, café-cinéma et lieu de vie sociale et culturelle du village. Elle nous partage ses réminiscences des odeurs, des bruits, des voix de la joie puis de la peur et du départ vers le sud de la France où il a fallu tout rebâtir.
Points forts
Par des allers-retours entre la voix du petit-fils qui n’a quasiment connu que la ferme du sud de la France et la voix de la grand-mère qui est restée dans sa tête en Algérie, l’auteur, avec beaucoup de poésie, de partage de sensations et d’émotions, nous souligne l’importance des histoires familiales, et de ses racines.
Quelques réserves
Comme nous sommes sur des souvenirs beaucoup basés sur des sensations, on peut trouver par moment qu’il ne se passe pas grand-chose et que le roman manque de rythme.
Encore un mot...
Tout au long du roman, l’auteur nous livre une véritable vision poétique de l’enfance, de la vieillesse, du déracinement, de la force de la famille.
Une phrase
« Il faut grandir quelque part et y rester pour connaître véritablement cette sensation de chez-soi. Peut-être sa peau, ses sens gardaient-ils un souvenir d’ailleurs, de ses premières années d’enfance de l’autre côté, mais il n’en avait pas conscience. Lui, dans sa respiration, entre les pierres et les trous de ce chemin, sous la brûlure occitane de ce soleil, dans l’ombre parfumée des noisetiers ou des sureaux, la rumeur des arroseurs sur les feuillages du maïs, lui, était chez lui, entièrement. C’était la différence avec ses parents qui, même s’ils avaient en fin de compte vécu plus de temps ici que là-bas, même s’ils avaient reconstruit leurs vies, mêlé leurs habitudes, leurs expressions, leurs goûts aux gens de la région, eux n’étaient malgré tout ni d’ici ni de là-bas. Leur seul pays, le dernier, resterait celui de l’exil, du voyage. » Page 136
L'auteur
Thomas Vinau est né à Toulouse le 26 septembre 1978. C’est un poète, nouvelliste et romancier. Il vit actuellement dans le Luberon.
Il a publié Du sucre sur la tête, un album jeunesse, chez Motus (2011), Nos cheveux blanchiront avec nos yeux (Alma, 2011), Ici ça va, Bric à brac hopperien (Alma, 2012), Juste après la pluie (Prix Copo des Lycéens), La part des nuages (Alma 2014), Des salades (2016), Le camp des autres (Alma 2017)...
En 2016, Des Salades reçoit le Prix Joël Sadeler et Bleu de travail le Prix René Leynaud.
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