Juste une Orangeade

Vivement la deuxième...
De
Caroline Pascal
Editions de l'Observatoire - 246 pages
Notre recommandation
4/5

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Thème

Raphaëlle, la cinquantaine, mariée, mère de deux enfants, une agence immobilière, n’arrive pas à joindre sa mère, sensée être rentrée de vacances. Très vite, l’angoisse monte et devient intenable.

S’en ouvrant aux proches qui partagent son quotidien, mari, associé, amies d’enfance, elle s’interroge sur les liens qui l’unissent à sa mère, fusionnels certes, mais jusqu’à quel point ?

Ce silence est incompréhensible pour Raphaëlle qui a sa mère presque chaque jour au téléphone et qui sait, au plus profond d’elle-même, qu’il s’est passé quelque chose d’indicible. En effet, après la mort terriblement brutale de son père lorsqu’elle était adolescente, jamais sa mère ne la laisserait vingt-quatre heure sans nouvelles.

Pour l’aider à surmonter son angoisse et la relativiser, chacun imagine un scénario pouvant expliquer ce silence et Raphaëlle, va alors passer de la tristesse, à la nostalgie, à la colère, et faire remonter ses souvenirs d’enfance.

Son mari étant en Asie, c’est avec une chère amie et Roland, ami et associé, qu’elle entame ses recherches pour comprendre cette soudaine disparition.

Avant de la retrouver, elle va découvrir que sa mère, à l’ombre d’une vie de veuve bien rangée, avait une vie intime, qu’elle n’avait pas réussi encore à lui dévoiler.

Points forts

Dès les premières lignes, l’histoire nous embarque, car nous avons tous connu cette angoisse devant un silence inexpliqué qui empêche de respirer, qui vrille le coeur. Malgré le drame que l’on pressent, c’est un roman qui se lit avec grand plaisir car il y a de très belles lignes sur l’amour filial, mais aussi conjugal, et l’amitié. 

Quelques réserves

Le récit se déroule sur six jours, chacun découpé en séquences. Chaque séquence représente une heure précise, un lieu et les personnages présents, ce qui peut en rebuter certains, d’autant qu’il ne se passe pas grand chose pendant la majeure partie du roman.

Encore un mot...

La relation mère-fille dans sa complexité est très bien rendue par Caroline Pascale, qui donne la parole à Raphaëlle, mais aussi à ses trois amies. Elle va ainsi aborder les différents liens qui peuvent exister entre une mère et sa fille.

Une phrase

Ou plutôt deux:

- « Elle était bien placée pour savoir que le pire arrive sans crier gare, qu’il vous crève les entrailles et les laisse à vif, à l’air brûlant du drame. Rien de tel dans l’appel de Maria. Juste une alerte, comme un coup de semonce qui trouble la tiédeur immobile d’une fin de journée, et cette inquiétude insidieuse qui grignote le foie, dans l’attente de ce qui va suivre. »

- « Je veux juste dire qu’une mère, c’est de la confiance. Elle n’est pas forcément là pour te montrer le chemin, mais juste pour te dire que la voie est libre, que tu peux y aller, que tu vas y arriver. Elle a pas la science infuse, pas la clé de tout, elle se plante, elle fait chier, parfois même elle fait le contraire de ce qu’il faudrait, mais elle t’aime sans condition et croit en toi, absolument, sans réserve. » 

L'auteur

Après de multiples expériences dans l’enseignement, Caroline Pascal est nommée inspectrice générale de l’éducation nationale. A côtés de ses travaux universitaires, elle traduit des romans espagnols et publie des romans, le premier en 2003, "Fixé sous verre"  et le plus récent en 2013, "L’envers d’une vie".

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