Septembre noir

Été meurtrier sous le soleil toscan. Un très beau roman sur la perte de l’innocence
De
Sandro Veronesi
Grasset
Traduction de Dominique Vittoz
Publication le 7 janvier 2026
320 pages
22,90 €
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

  • Luigi Bellandi a 12 ans en 1972, lorsqu’il est confronté à deux drames. Le premier, intime et familial, (dont on ne vous dira rien car l’auteur prend un malin plaisir à faire durer le moment de son surgissement) et le second, politique et international, le tristement célèbre Septembre noir, qui vit l’assassinat de 11 athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich.
  • Cet été-là, Luigi, dit Gigio, le passe dans la villa louée comme chaque été par ses parents dans une station balnéaire huppée de la côte toscane. Avec lui, sa sœur Gloria, sa mère irlandaise et son père, charismatique avocat et féru de voile.
  • Toute l’histoire tourne autour de sa voisine de plage, Astel Raimondi, 13 ans, pour laquelle il traduit en italien les chansons de David Bowie, Cat Stevens, Roxy Music ou Joe Cocker ...
  • 1972, l’été de toutes les découvertes : l’amour et le désir, la jouissance et la souffrance, la musique et le pouvoir des mots …

Points forts

  • L’auteur ne nous avait pas habitués à donner la parole à un adolescent, mais plutôt à des hommes mûrs dont on pouvait se demander dans quelle mesure ils étaient ses doubles. C’est donc une surprise, et une bonne, que de le voir s’intéresser à un homme en devenir et ce faisant,  à la racine des troubles qui le constitueront. Le drame, annoncé mais toujours différé, fait entrer l’adolescent dans l’âge adulte, pour le meilleur et pour le pire.
  • Il y a dans ces pages toute la sensualité des étés italiens, avec leurs journées à la plage riches de promesses et les “ragazzas” au zest de sensualité affichée qui font chavirer le cœur des hommes. Gigio nous livre ses affres adolescentes, ses joies et ses tourments et même si rien ne se passe vraiment, cette lente exposition de l’intrigue est passionnante. La reconstitution de ses souvenirs (l’histoire est racontée avec nostalgie par le narrateur à notre époque) décrit un âge d’or, avant que le chanson n’emporte son innocence et ses rêves de gosse.
  • Féru d’architecture, Sandro Veronesi construit ses récits comme des cathédrales, avec un souci méthodique de la composition et de l’harmonie qui emporte ses lecteurs.
  • La plume fluide du grand auteur italien est toujours surprenante et on avance dans cette histoire sans être jamais sûr de rien, au rythme des émois parcourus de troubles et d’envies de Gigio.
     Les personnages secondaires, même s’ils sont juste esquissés en quelques traits de plume, prennent une belle épaisseur et composent une étonnante galerie d’indispensables protagonistes qui tracent le chemin de notre héros.

Quelques réserves

  • Pas vraiment de réserve. Toujours la puissance narrative de cet auteur, conjuguée cette fois au charme de la nostalgie et du regard tendre.

Encore un mot...

  • Avant d’être symbolisé par la prise d’otages meurtrière dont il est question ici, “Septembre noir” fut d’abord un conflit armé, qui débuta en septembre 1970, entre la Jordanie et l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et se solda par l’expulsion des Palestiniens qui trouvèrent refuge au Liban.
  • C’est également le nom de l’organisation terroriste palestinienne, fondée la même année, qui, outre la prise d’otages de Munich, fût responsable d’un peu moins d’une quarantaine d’assassinats à travers le monde, avant d’être dissoute en 1973 sous la pression des Etats arabes.

Une phrase

« Jusque-là, en ces jours pour moi ahurissants, j’étais tout au plus arrivé à me dire qu’une fille douée comme Astel ne pouvait pas se tromper, et que si je lui convenais bien, cela voulait dire que je valais quelque chose. Mais ce n’était pas encore une réponse, ce n’était qu’un premier pas. La réponse se trouvait au-delà d’une frontière qui pour moi avait toujours été infranchissable – tellement infranchissable que je ne la voyais même pas. Ce jour-là, le jour des lunettes, je la vis et au moment où je la vis, j’éprouvai le désir de la franchir, je trouvai l’aplomb pour le faire : n’importe qui aurait éprouvé de l’intérêt pour moi – me répondis-je, si j’avais toujours été celui que j’étais avec elle ".

L'auteur

  • Sandro Veronesi est né en 1959 en Toscane. Il est l’une des voix majeures de l’Italie contemporaine.
  • Il a remporté les plus prestigieux prix littéraires et en France le Prix Femina étranger et le Prix Méditerranée pour Chaos calme (Grasset, 2008).
  • Il est également l’auteur de nouvelles et essais ainsi que de nombreux scénarios de films et de scripts pour des émissions télévisées.

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