L’amour et la fureur
Traduction de l’allemand par Olivier Mannoni
Parution le 2 janvier 2026
280 pages
22,90€
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Thème
Noah, artiste peintre « confidentiel » et Camilla, jeune comptable s’aiment indubitablement mais cependant la jeune femme lasse de subvenir aux besoins du couple décide de mettre fin à cette situation. Elle le quitte à la recherche d’un compagnon qui lui apportera l’aisance dont elle rêve. Noah veut la reconquérir et le hasard d’une rencontre lui laisse entrevoir une forte rentrée d’argent. Mais le moyen n’est pas facile.
Points forts
L’écriture du roman est très ordonnée, quasi mathématique : les divers personnages liés aux deux amoureux, ex compagnons, sont présentés dans de courts chapitres de 4 ou 5 pages. Leur relation avec Noah ou Camilla fait progresser l’histoire chacun apportant un élément important pour la quête de l’un et l’autre vers le changement.
Le roman s’inscrit dans une certaine humanité liée au cadre de vie plusieurs fois évoqué : on boit des bières, du vin, occasionnellement du champagne, on cuisine, on voit par la fenêtre un peu de verdure, on fréquente des bistrots, lieux d’échanges entre amis, permettant des discussions se voulant constructives ou compatissantes selon l’interlocuteur. Des rencontres plus mondaines à l’occasion de vernissages ne seront pas moins secondaires. Il y a aussi des personnages plus furtifs mais finalement importants.
L’acharnement de Noah à vouloir renouer avec Camilla exaspérée par son harcèlement, apporte une dimension qui justifie le titre L’amour et la fureur, mais fureur qui vaut pour un autre personnage qui permet de conduire le récit vers sa fin inattendue.
Le texte introduit aussi le dérisoire notamment dans la description du travail artistique de Noah, obsédé par un seul sujet.
Quelques réserves
Aucune réserve pour roman auquel j’attribue sans hésiter 4 coeurs !
Encore un mot...
Dans chaque vérité exprimée il y a une part de mensonge car le mensonge peut représenter la vérité d’un être.
Je rapprocherai ce roman d’une ‘Réussite’ car jusqu’à la dernière carte retournée on ne peut supposer la fin de l’histoire.
C’est passionnant car bien mené, plein de surprises et on chemine vers le dénouement sans avoir particulièrement noté les maigres indices nous alertant sur la fin.
Une phrase
[Camilla à Noah :]
« Je t’aime mais je n’aime pas la vie avec toi. » P.13
« Je trouve injuste d’être belle et de ne pas avoir une belle vie.» P.13
« L’amour grandit avec la mort, la haine aussi… » P.81
L'auteur
Martin Suter, écrivain suisse de langue allemande est l’auteur de 15 romans édités par Bourgois de 1998 à 2024 et ensuite publié par Phoebus, Melody qui précède L’amour et la fureur a fait l’objet d’une chronique pour culture-tops :
En 1998, son roman Je n’ai rien oublié traduit par Olivier Mannoni (paru en 1997 sous le titre : Small world ) était présenté au salon du livre chez Bourgois en guest star. Depuis sa veine romancière doublée de mini enquête sur des agissements étranges, délictueux est toujours un plaisir de lecture.
- Sur notre site un roman de Martin Suter paru en 2015 :
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