La ballade d’un petit joueur

Faut-il que le joueur s’abîme dans son addiction jusqu’à s’y perdre, pour trouver la rédemption ? Un thriller à la portée plus profonde qu’il n’y paraît.
De
Lawrence Osborne
Edition originale : Hogarth Press, 2015
Édition française : Éditions de L’Herne
Traduit de l’anglais par Brice Matthieussent
Parution le 29 octobre 2025
320 pages
22€
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Thème

Lord Doyle, faux noble britannique toujours très élégamment vêtu et joueur invétéré, se réfugie à Macao, île-casino, pour fuir les conséquences des arnaques qu’il a commises en Angleterre.  Dans cet enfer des joueurs, qui est aussi leur paradis selon la roue de la chance et de la déveine, il passe d’un établissement à l’autre dans une spirale sans fin où les pertes s’accumulent, déterminé à faire partir en fumée tout son argent, persuadé  au fond de lui que le “vrai joueur” préfère secrètement perdre. Mais au moment le plus tragique de sa vie, une miraculeuse prostituée apparaît. Réalité ou rêve ? A partir de ce moment-là, il commence à gagner toutes ses parties,  faisant mentir toutes les statistiques de ce type de jeux…

Points forts

Ce roman est écrit comme un thriller et nous décrit remarquablement l’addiction aux jeux de casinos puis prend une dimension intéressante et beaucoup plus spirituelle lors de la rencontre du héros avec sa « sauveuse ». 

Quelques réserves

Il est dommage que  le personnage central ne soit pas rendu sympathique ou attachant  par l’auteur.

Encore un mot...

Un film a été tiré de ce roman Ballad of small player réalisé par Edward Berger avec Colin Farrell, qui n’a pas connu beaucoup de succès.

Une phrase

« Je misai mes jetons, puis attendis, figé par un froid intérieur sans précédent, tandis qu’un nouveau naturel se dévoilait sous mes yeux. J’étais lancé. Je ramassai mes gains, puis les rejouai aussitôt, gagnant une deuxième fois. Quatre naturels de suite. Mes gains dépassaient déjà le montant de ce que j’avais volé chez Dao-Ming et je suppose que j’aurais pu quitter dès maintenant le casino et négocier ma note d’hôtel avec la direction. Je pouvais aussi récupérer l’argent prêté à Adrian Lipett et continuer cahin-caha pendant encore quelques semaines. Mais ce ne serait pas suffisant pour prendre ma retraite ; et puis lorsqu’on est lancé, il faut aller de l’avant, le plus loin possible, si bien que je misai tout sur la main à venir. Un neuf !
La salle frémit. Le croupier me décrocha un regard irrité, puis poussa vers moi un tas de jetons tel que je n’en avais jamais vu de semblable. » page 196

L'auteur

Lawrence Osborne, né en 1958 à Londres, est un journaliste et un romancier , surtout auteur de romans policiers, de nouvelles et de récits de voyage. Il a reçu le prix Edgar-Allan-Poe en 2019 pour Only to sleep (Hogarth Press, 2018) et a été nominé pour “The best american short stories” en 2012 pour Volcano ( Tin House, 2011).

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