La Petite Femelle

De
Philippe Jaenada
Editions Julliard
Notre recommandation
3/5

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Lu / Vu par Culture-Tops

Thème

Philippe Jaenada revient sur l’affaire Pauline Dubuisson, ou l’histoire d’une jeune dunkerquoise étudiante en médecine, jugée en 1953 à Paris pour le meurtre de son ex-petit ami. Ce crime passionnel et son procès inspireront le film « La Vérité », de Georges Clouzot, dont Brigitte Bardot interprètera  le personnage principal. Un roman dossier à charge contre une éducation froide et ambitieuse, contre les ravages de la guerre, contre l’esprit de l’époque, étroit et misogyne, qui dégénèrera en curée médiatique et judiciaire, avant une parodie de procès dont le climat et l’issue suscitèrent  un profond malaise dans l’opinion.

Points forts

- Le martyr de la ville de Dunkerque et de sa population pendant la seconde guerre mondiale. Chronologie et souffrances des batailles et de l’occupation allemande endurées de 39 à 45, tout y passe pour laisser le lecteur pantois, hébété, douloureux.

- La dissection méthodique,  jusqu’à l’obsession,  de la machine infernale qui s’est acharnée sur l’accusée. Jaenada établit un implacable dossier  à charge contre la meute des policiers, témoins, avocats, juges, journalistes et chroniqueurs qui se sont ligués pour écraser une femme trop belle, trop intelligente et insaisissable, trop tôt affranchie, et lui dénier toute circonstance atténuante.

- Les années de prison de Pauline, qui contre toute attente sont des années de reconstruction dans la vérité, la chaleur humaine et la bienveillance, jusqu’au rachat.

- La vocation accomplie de Pauline, qui, enfin devenue médecin, croit à une nouvelle vie, généreuse,  dépouillée, anonyme.

- L’oubli impossible et la fin bouleversante.

- Belle réhabilitation d’une petite fille trop précoce et exposée, devenue, malgré elle, l’héroïne d’une tragédie antique.

Quelques réserves

- Philippe Jaenada est un écrivain de son temps :  ses pages truffées de digressions (au début surtout) sont aussi animées que la page d’accueil d’un site web de vente en ligne. Après avoir – presque - perdu le nord dans la généalogie et le cadastre de la famille Dubuisson, le lecteur doit résister aux assauts du quotidien de l’auteur qui s’ouvrent comme  autant de ces clips publicitaires dont vous cherchez désespérément la croix en haut à droite ou en bas à gauche pour leur fermer le clapet; trop tard…

-Trop d’humour tue l’humour. Il en fait des tonnes, Jaenada. Des « tripotées » même (y’a même des « tripotées de villas », c’est vous dire). Son Hitler en pyjama rose et crise de nerfs ne fait rire personne. Navrée, Jaenada, je n’adhère pas. Même pour nous faire avaler la potion amère de votre sujet et de ses bonnes intentions. Quelques heureuses exceptions confirment la règle.

- Résister aux 200 premières pages. Sur 700. Après on est aguerri. 

-  Trop d’affaires dans l’affaire : celles de toutes ces femmes qui, sous l’empire de la misère en général et de la domination masculine en particulier, ont joué de malchance ou pété les plombs, et fini par remplir la rubrique « faits  divers » avant d’échouer à la case prison. Pas que je manque de cœur ni d’esprit de corps mais trop c’est trop.

- Donc, trop long. Beaucoup trop long. Pitié… Vous exigez vraiment beaucoup de votre lecteur, Philippe Jaenada; ou lectrice, notation qui me permet de rendre hommage à votre absence totale de misogynie.

- Pas de place au silence.

Encore un mot...

Crimes et châtiments avant et après la Libération.

Une phrase

Ou plutôt deux:

- « Il faut au moins une génération pour que la malédiction, qui a tout son temps, se mette en branle ».

- « Plus j’avance avec Pauline, plus je réalise que les moindres actes d’une vie, anodins ou pas sur le moment, sont épinglés sur nous comme des poids de plomb le jour où on déraille et où tous les regards se tournent vers nous… »

L'auteur

Philippe Jaenada, 51 ans, né en région parisienne, est journaliste et écrivain.

 Il a déjà publié une dizaine d’ouvrages dont : Le Chameau sauvage (1997), son premier roman, qui a obtenu le Prix de Flore en 1997 ; et Sulak (2013) qui a reçu, entre autres, le « Prix d'une vie », du Parisien Magazine, 2013; et le « Grand Prix des Lycéennes », de Elle, 2014.

Commentaires

jovenet
mer 30/12/2015 - 12:13

Bonjour,
Pourriez me dire, si c'est moi qui me trompe ou si page 75 ligne 27 une erreur serait commise entre les prénoms de la maman et celui de la fille et page 128, ligne 30, Pauline aurait 6 ans alors que nous sommes en 1944 et qu'elle est née en 1927 ?

Monique Garat-…
ven 08/01/2016 - 22:10

En réponse à par jovenet

Je me pose la même question en lisant le résumé de ce livre que je viens d'acheter ce jour...il y a comme un hic chronologique

morituri
lun 11/01/2021 - 16:45

bonjour , en calculant on devine que Pauline avait 16 ans..mais il faut avoir les reins solides pour rester à lire 700 pages où on a du mal à suivre le fil ...trop de parenthèses. Je crois pouvoir affirmer que c'est la 1 ère fois que je m'ennuie autant à essayer de lire en entier un tel pavé. ( j'ai 68 ans et j'aime beaucoup lire ; je suis inscrite à 2 bibliothèques)..sciatique oblige ...je veux aller jusqu'au bout : plus d'un mois pour y arriver( et beaucoup de baillements) 23 euros ...? pourquoi ne pas offrir le livre aux descendants de la famille? eux pourraient peut-être apprécier le travail de l'auteur?

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