Le gosse

L’instinct de survie chez un petit garçon malmené par l’existence. Un roman très fort dans lequel les sentiments sont exprimés avec beaucoup de délicatesse et de vérité
De
Véronique Olmi
Albin-Michel
Parution le 26 janvier 2022
304 pages
20,90 euros
Notre recommandation
4/5

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Thème

Joseph est le titi parisien par excellence dans son quartier de la Bastille. Son plus grand plaisir est de siffler, casquette vissée crânement sur le côté et les mains dans les poches. Il vit avec sa mère et sa grand-mère sans beaucoup d’argent mais une tonne d’amour. Sa mère meurt et tout s’écroule. Il devient pupille de la nation et les traitements infligés à ces enfants, sous le couvert de protection, vire à l’horreur absolue. La volonté de survivre chevillée au corps, il va tenter de s’en sortir mais dans quel état ?

Points forts

  • L’écriture de l’auteur si juste et si touchante, qui nous raconte les sévices avec délicatesse pour nous les rendre moins insupportables, est magnifique. Ces descriptions difficiles nous sont relatées avec une certaine douceur et surtout beaucoup de tendresse.
  • Le caractère extraordinaire de ce petit garçon, acharné à « survivre », refusant la désespérance et ce monde ignoble qui l’entoure. Son mantra est « rester debout et tenir ».
  • Le processus de déshumanisation de ces enfants est ahurissant : d’abord, l’hospice des enfants assistés, puis la ferme et les parents « nourriciers », puis la maison de correction et enfin la maison de redressement. Tout ce système mis en place pour broyer un enfant est terrible. Comment peut-on casser les rêves d’un enfant qui n’a rien fait de mal et lui supprimer l’avenir de la sorte ?
  • L’amour de la musique nécessaire à sa rédemption nous montre que cet enfant a trouvé le moyen de s’en sortir et s’y arc-boute vaillamment.

Quelques réserves

Tout au long de la lecture de ce roman, nous sommes saisis d’un sentiment d’injustice absolue. Cet enfant innocent, qui va mettre un moment à comprendre qu’il est passé dans la catégorie de « la race des obligés », avec ses « compagnons d’infortune », est plongé dans un univers sordide parce que sa mère est morte. Il est tellement martyrisé par les adultes qu’il ne pense qu’à une chose : reprendre sa place parmi les vivants. C’est un roman très fort dans lequel les sentiments sont exprimés avec beaucoup de délicatesse et de vérité. Véronique Olmi nous offre là un joli cadeau.

Encore un mot...

Quelques expressions :

- La nuit ne tombe pas, « le jour s’épuise »

« L’orage a désordonné la nature » p.12

- Lorsque l’on parle des gueules cassées « son visage est un dessin abîmé par la pluie » p.12

- « Elle se levait chaque nuit par peur que dehors n’existe plus » p.46

- Lorsque ce bambin fait des confidences, il « confie ses murmures… »

« La neige était comme un tableau accroché dans le salon des autres » p.210

- Et enfin, « Cesser de jouer, c’est comme manquer d’eau » p.249

 

Une phrase

Véronique Olmi (1962 – Nantes) écrit des romans et également des pièces de théâtre ( Point à la ligne, Chaos debout, Le passage, Le jardin des apparences). Ses romans ont été plusieurs fois primés : prix Alain Fournier en 2002 pour Bord de mer (Actes Sud), prix des Maisons de la Presse en 2011 pour Cet été là (Grasset), prix du roman Fnac en 2017 pour Bakhita (Albin-Michel). Ces ouvrages, romans et pièces, sont lus et joués à l’étranger. Elle a créé le Festival Paris des Femmes qui a lieu chaque année au théâtre Des Mathurins. Le gosse est son quatorzième roman.

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