Dolores
Partition le 2 octobre 2025
217 pages
22 €
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Thème
Une histoire d’amour contrariée, complexe, dans laquelle tour à tour les deux héros - aussi différents que semblables - se cherchent, se repoussent, se retrouvent, se déchirent et souffrent.
Le tout dans un monde au bord de l’implosion et entouré d’une galerie de personnages hauts-en-couleurs.
Tout débute par une banale collision entre deux véhicules mais en fait entre deux vies et deux personnes que tout pourrait opposer. Le milieu social, la façon de vivre, les blessures.
Lui : fils d’un agriculteur endetté qui finit par se suicider, complexé par une infirmité causée par un chauffard disparu sans demander son reste, ayant sa mère dépressive à charge et un boulot déprimant,
Elle : enfant gâtée de la bourgeoisie de province, quasi-fiancée au play-boy local mais déçue par sa vie toute tracée par ses parents et tracassée par ses problèmes existentiels.
Leur rencontre fracassante marque le point de départ d’une histoire d’amour marquée par des rendez-vous ratés, de fiascos douloureux, et des sentiments très forts mais fluctuants et peu de fois concomitants.
Points forts
On retrouve avec un plaisir immense - comme à chaque nouveau roman de Djian - son écriture à la fois souple, et vive, ses phrases concises et épurées et son style inimitable de paragraphes imbriqués les uns dans les autres sans séparation classique qui donnent à l’ensemble une construction baroque et énergique. Chaque personnage se débat dans des sentiments exacerbés, des désirs inavoués, des vies sentimentales riches mais complexes. On retrouve également avec joies les considérations omniprésentes de Djian sur le climat, la variation des saisons, les chants des oiseaux et la présence de la musique, et l’impact de tous ces éléments sur les humeurs des personnages
Quelques réserves
La construction de paragraphes s’enchaînant sans transition ni signe pour le lecteur peuvent parfois nous désarçonner.
Encore un mot...
Même si on ne retrouve pas avec Dolores le niveau - sublime - de Sotos (pour quelle mystérieuse raison ce roman inoubliable n’a pas été porté à l’écran ?) on est sur du très bon Djian avec des personnages très attachants.
Une phrase
« Et tu te décides à me dire ça maintenant, déclara Chris en ouvrant un paquet de chips à la truffe – raison pour laquelle toute la pièce sentait le gaz. Et ça fait un mois que ça dure. Ben, je te remercie, bravo. Sympa. La confiance règne.
Ca sortait pas. Je suis désolé, j’y arrivais pas. Personne est au courant. Je me suis dit qu’on allait se réveiller après un mauvais rêve, Dolores et moi, qu’on n’avait pas pu être débiles à ce point-là.
Ouais, parfois on est surpris par sa propre bêtise, fit Chris en tendant la main pour saisir le joint. J’espère que ça valait le coup.
J’attends de voir ce qui nous attend et je te dirai ça ensuite. Mais je le sens très mal. Même toi, je ne sais pas où tu irais avec un jeu aussi pourri dans les mains. J’en suis malade. Je la regardais tout à l’heure et on aurait dit qu’on attendait que le ciel nous tombe dessus. Pas de quoi se lever pour applaudir. On avait l’air lessivé. Tout ça me fatigue. Plusieurs fois j’ai eu envie de renverser la table »
Pages 130/131
L'auteur
Romancier, parolier (notamment pour Stephan Eicher), scénariste et nouvelliste, Philippe Djian est né à Paris en 1949. Qualifié d’héritier de la Beat Generation, il est popularisé très vite avec 37,2° le matin (Bernard Barrault, 1985) formidablement bien adapté au cinéma par Jean-Jacques Beineix.
Philippe Djian a publié une trentaine de romans dont Maudit Manège (Bernard Barrault, 1986), Échine (Bernard Barrault, 1988), Sotos (Gallimard, 1993), la série Doggy Bag (Gallimard, 2005-2010) et Oh ! (Gallimard, Prix Interallié 2012). Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma.
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