Les jeunes du Pô

Écrire est un combat et c’est à l’auteur de le gagner. Le roman du fleuve et les espérances, les amours et les illusions perdues, d’un jeune ouvrier turinois
De
Italo Calvino
Cahiers de l’Hôtel de Gallifet.
Direction éditoriale Paolo Grossi
Traduction et préface de Martin Rueff
Parution le 16 novembre 2023
176 pages
18 €
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Thème

Un jeune ouvrier de vingt ans, Nino, vit à Turin où il a trouvé du travail dans une vaste entreprise industrielle. Ce qui l’a en premier lieu séduit, ce fut le fleuve qui passait sous les ponts voisins des lieux où il se trouvait. C’est là aussi où il fit rapidement connaissance de possibles amis et quelques femmes fort belles. Le fleuve était, à ses yeux, une évasion. La sienne eut comme passion Giovanna, âgée de vingt ans, dont la beauté et le charme plurent immédiatement à Nino. Le travail était une chose nécessaire mais l’amour, la ville, la nature, le fleuve les complétaient dès que Giovanna s’y ajouta. A la même date, l’écrivain Cesare Pavese avait raconté l’histoire de Nino et, à l’âge de 42 ans, il s’était suicidé en 1950.

Points forts

  • Un superbe travail, incontestablement, des Cahiers de l’Hôtel Gallifet de l'Institut Culturel Italien de Paris qui l’ont édité, en exclusivité mondiale, après soixante-dix ans de sa rédaction.
  • Ce roman a tant attendu qu’il a singulièrement bénéficié du temps durant lequel l’auteur n’a pas voulu le publier et, moins encore, le revoir malgré ses multiples réserves.

Quelques réserves

Précisons que sur la quatrième de couverture, l'éditeur a pris soin de rappeler que Italo Calvino “a très peu de lecteurs qui le connaissent” et qu'il a “ abandonné en cours de route plusieurs ébauches de narration de ce roman dont il n'est pas satisfait". 

Dans ces conditions, les réserves sont évidemment plus que nécessaires.

Encore un mot...

I giovani del Pô avait paru pour la première fois en Italie, il y a vingt ans dans les annexes d’œuvres complètes (les six volumes des Meridiani, collection italienne qui correspond à la Pléiade. ) 

 Le livre commence par une longue préface de 30 pages faite par Martin Rueff qui a traduit Les Jeunes du Pô. Martin Rueff, son préfacier, osera même conclure en disant : « Il se peut que ce Calvino n’ait aucune continuité, qu’il meure et renaisse à tout moment ; ce qui compte c’est de voir si dans le travail qu’il fait à un moment donné, il y a quelque chose qui peut interférer avec le travail présent et futur des autres, comme cela peut arriver à quiconque. »

Une phrase

  • Bien dit – pensait Nino en lui-même et il y réfléchissait. La mer pour lui n’était pas une ruse. Et il n’avait pas non plus l’impression que le fleuve en fût une. Il ne savait pas encore grand-chose de l’amour, mais il pensait que ce n’était pas non plus une ruse. Toute sa vie, Nino avait essayé d’être à l’aise au sein des choses de la nature : est-ce que c’était une évasion ?”
  • “ Ils avaient tous un quelque chose qui leur pesait et qu’ils ne pouvaient plus taire, et ils disaient : Mais c’est quoi cette affaire ? Nous risquons de perdre notre travail parce que nous sommes venus au fleuve."

L'auteur

Italo Calvino, né à Cuba en 1923, s’installe en Italie à San Remo en 1925. Son premier roman Le sentier des nids d’araignée est publié en 1947. Quatre ans plus tard, en 1951, son second roman est Le vicomte pourfendu. Suivront en 1958 Le Baron perché et en 1959 Le  Chevalier inexistant. De 1957 à 1963, les récits suivants seront La spéculation immobilière, Marcovaldo ou les saisons en ville et La journée d’un scrutateur. En 1972 est publié son dernier récit Les villes invisibles. Il décède en 1985. Ce qui est étrange est que le roman Les jeunes du Pô ne plaisait pas à l’auteur et c’est en 1957 qu’il a cédé aux demandes de Pasolini qui tenait à le publier dans sa revue Officina.

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