L’Homme qui voyait à travers les visages

Un Eric-Emmanuel Schmitt ambitieux, original, et fort
De
Eric-Emmanuel Schmitt
Editions Albin Michel - 421 pages
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

C'est un roman philosophique et métaphysique mais aussi roman policier empli de légèreté et d’humour. Une très singulière quête de spiritualité au coeur de l’actualité brûlante des attentats de l’hiver dernier.

Augustin, jeune journaliste marginal, possède un don particulier. Il voit  à travers les visages et perçoit autour de chaque individu les êtres minuscules, les esprits, les morts souvent, qui les motivent ou les hantent, « il voit ce dont sont faits les gens qu’il rencontre ».

Témoin d’un attentat islamiste à Charleroi, Augustin a vu l’esprit qui accompagnait et manipulait le terroriste mort avec sa ceinture d’explosifs. Il mène l’enquête et s’interroge sur la violence et le sang répandu au nom d’un Livre saint.
Augustin décide d’interviewer un écrivain belge passionné de religions : un certain Eric-Emmanuel Schmitt ! 

Peut-on comprendre le mal ? Qui sommes-nous quand nous écrivons ? Sommes-nous libres ? Quels esprits nous influencent-ils ? Ne serait-ce pas Dieu qui prêcherait la violence dans Ses textes sacrés ? Quel est le rôle des religions ? Pacifient-elles ? Divisent-elles ? Un peu des deux ?

Et finalement si Augustin tentait d’interviewer Dieu lui-même ?

Dieu alors fait comprendre à Augustin que, par amour, Il a offert la liberté aux hommes, avec tous les dangers que cela comporte. Les hommes sont, eux-mêmes, responsables des esprits minuscules qui les entourent et, aussi, responsables de la lecture qu’ils font des textes divins.

C’est la lecture qui fait le livre et non le livre qui fait la lecture.

Points forts

- Eric-Emmanuel Schmitt jongle d’un thème à l’autre avec maestria.

- Bon suspens policier

- Autodérision de l’auteur qui se transforme lui-même en personnage de roman

- La construction en abîme

- Livre original et fort

- Belle écriture et style admirable

Quelques réserves

Difficile de trouver des points faibles...

Encore un mot...

Est-ce le sacré qui engendre la violence ou la violence qui utilise le sacré ?

Une phrase

« Les déçus de Dieu sont les déçus de l’homme. En réclamant un Dieu omnipotent, ils courent après un homme sans liberté. »

L'auteur

Eric-Emmanuel Schmitt, né en 1960, est dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, conteur, auteur de BD et comédien (il interprète parfois ses propres oeuvres théâtrales). Agrégé et docteur en philosophie, il a abandonné sa carrière de professeur pour l’écriture. 

Depuis le début des années quatre-vingt dix, il est devenu l’un des auteurs francophones les plus lus et les plus représentés dans le monde. Ses pièces furent récompensées par plusieurs prix Molière et le Grand Prix du théâtre de l’Académie française. Ses livres sont traduits en 44 langues, et plus de 50 pays jouent ses pièces. Fait important à noter, il est aujourd’hui l’auteur le plus étudié en collèges et en lycées.

Il vit à Bruxelles et est membre de l’Académie royale de la langue et littérature françaises de Belgique. 

En 2016 il est élu à l’Académie Goncourt au couvert n°2, celui d’Edmond Charles-Roux, de Jules Renard et de Sacha Guitry.

Commentaires

Etienne Pierson
jeu 29/03/2018 - 10:54

Personnellement, ce livre m'a fort déçu. D'abord, il y a de petites erreurs comme le fait de situer Charleroi sur la Meuse ou de confondre la Belgique avec une République. Plus dérangeant est le fait que dans sa lettre adressée au juge d'instruction à la fin du récit, il relate, parmi les faits que le héros décrit dans le document qu'il lui a envoyé quelques heures avant sa mort, des choses qui se sont passées quelques minutes seulement avant sa mort et qu'il lui était donc impossible de mettre par écrit.
Ce qui m'a mis encore plus mal à l'aise, c'est la façon dont il s'auto-glorifie tout au long du livre, en insistant lourdement sur sa renommée, sa sagesse, son charisme, sa joie de vivre, etc, etc.
Et enfin, sa "conversation avec Dieu" manque complètement d'ouverture. Elle se résume au point de vue classique de l'occidental pour qui Dieu se résume à celui des trois religions monothéistes, ignorant superbement toutes les autres religions ou philosophies (orientales notamment) et tous les autres textes sacrés existants. Et puis le somment: le fait de faire dire à Dieu qu'il a effectivement élu le peuple juif pour transmettre sa parole parce que c'était les plus intelligents, travailleurs et efficaces...

Bernard Simard
dim 25/11/2018 - 19:47

Ce volume est d'une prétention et d'un tel narcissisme!!!
Ex: Il fait dire à son "pauvre" personnage principal comment il est impressionneé lorsqu'il se retrouve en présence de lui, l'auteur de ce livre! Impressionné par sa notoriété, son énergie, sa rayonnante personnalité!

Incroyable et insupportable!

Mifa Martin
mar 19/02/2019 - 11:20

Très déçue, moi aussi, par ce roman que j'avais acheté de confiance parce qu'Eric-Emmanuel Schmitt est un de mes auteurs préférés dont j'ai lu presque toutes les oeuvres.
Je n'ai pas aimé la complaisance avec laquelle l'auteur se regarde, j'ai détesté l'approche de Dieu par la drogue.
Enfin je n'ai pas aimé l'image de Dieu méprisant les hommes que, bien entendu, il regarde de haut !

Goulette Maurice
sam 25/04/2020 - 20:01

L’homme qui voyait à travers les visages.
Éric-Emmanuel SCHMITT

Au risque d’être regardé de travers, j’ose dire que je ne marche pas dans cette histoire. Car il y en a une animée de nombreux rebondissements, avec un héros qui aurait peut-être besoin d’un psychiatre. Le récit est bien mené avec des développements inattendus. On a même droit à l’interwiou de Dieu, c’est dire ! Le héros stagiaire non payé d’un petit journal de province Belge, qui squatte dans une usine abandonnée et se nourrit en faisant les poubelles ,est témoin d’un attentat perpétré à la sortie d’un enterrement sur le parvis d’une église. Commotionné, il se retrouve à l’hôpital où l’exploitant du journal (dans tous les sens du terme) l’interroge pour profiter de l’aubaine et augmenter le tirage de sa feuille de chou. Il ne lui dit pas tout quand même, car il s’est aperçu qu’il avait le pouvoir de voir les morts qui accompagnent les vivants. Attention, il ne s’agit pas comme tout un chacun des cadavres que tous nous avons plus ou moins dans nos placards, mais de morts qui ne savent pas qu’ils sont morts et influent en donnant des conseils à ceux qu’ils accompagnent ! Me suivez-vous toujours ? Augustin, notre héros va interroger E-E Schmitt sur les interrogations qu’il se pose dans les domaines philosophico-spiritualo- religieux . Il reçoit quelques réponses, mais Schmitt sans doute dépassé par la vastitude des avis à donner, lui dit de s’adresser à Dieu. D’où la rencontre avec Dieu ! Je sais qu’il y a une clientèle pour ce genre de littérature, mais en ce qui me concerne pour la philosophie et la spiritualité je vais voir ailleurs. Avec une telle histoire tirée par les cheveux, on a l’explication de la calvitie frontale de l’auteur.
Maurice Goulette 25 Avril 2020 1 Plume

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.