Nos premiers jours. Un siècle américain, tome 1

À l'occasion de la parution du dernier tome de cette Saga Americana, retour sur le Tome 1
De
Jane Smiley
Traduction : Carine Chichereau
Editeur : Rivages-poche
592 pages
9,80 €
Notre recommandation
4/5

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Lu / Vu par

Thème

En 1920, Walter Langdon et sa jeune femme, Rosanna, issus de l’émigration germano-scandinave du siècle précédent, viennent s’installer sur les terres de l’Iowa pour y fonder une exploitation agricole et une famille.

• C’est le début d’une saga familiale qui, enracinée dans ces terres exigeantes du Middle West, se projette bien au-delà - en raison des parcours de la descendance - et en vient à épouser les soubresauts des États-Unis et du monde, jusqu’au tout début de la présidence Eisenhower (1953).

Points forts

• Le découpage par année peut intriguer au premier abord, mais il permet une succession de chapitres assez courts, très agréables à lire, et servis par une écriture assez fluide.

• Jane Smiley parvient à rendre intéressantes, voire captivantes, la vie de farmers de l’Iowa et la marche de leur exploitation. Les personnages brossés sont tous non seulement attachants, mais aussi contrastés, parfois complexes, et décrits avec subtilité. Leur vie, pas toujours trépidante, retient sans peine l’attention du lecteur, ce qui fait de son roman un page turner très efficace.

• L’un des écueils de ce type de roman tient à la manière d’enchâsser la “grande histoire“ dans le récit de “vies minuscules“ : or l’auteure le fait avec une grande subtilité, et instille, sans trop en rajouter et toujours à bon escient, les progrès variés et les bouleversements considérables que connurent ces Américains en une génération.

• Sans être pesamment didactique, on discerne aussi bien les permanences de la vie rurale communautaire et familiale aux États-Unis (le poids de la religion, les « réveils » religieux notamment) que les grandes mutations de tous ordres affectant non seulement l’Iowa, mais le pays dans son ensemble.

Quelques réserves

Un style certes fluide et efficace, mais avec ses procédés (des alternances description-action) parfois un peu convenus, qui rappellent les ateliers d’écriture universitaires américains.

Encore un mot...

Un régal pour les amateurs d’histoire et de civilisation nord-américaines, et une très bonne entrée en matière pour les autres.

Une phrase

[Après le décès accidentel de sa fille Mary Elizabeth, Rosanna se tourne un temps vers les prédications des pasteurs itinérants des sectes chrétiennes qui pullulent dans les campagnes américaines depuis les années 1920, lors du deuxième “réveil religieux“] :

« Le pasteur tonna de nouveau : “ Mes amis, qui peut savoir où cela finira ? Qui peut dire quand le Très-Haut sera enfin satisfait de nous ?“... Rosanna savait reconnaître un signe quand il se présentait. Elle donna un coup de coude à Walter et lui montra la direction de la porte. Walter comprit aussitôt, comme s’il n’avait attendu que ça. D’un seul mouvement, ils se levèrent en silence, sortirent du côté de Walter... Derrière eux, le pasteur Elmore continuait : “ Mes amis, je pense humblement et même avec gratitude que nous devrions nous préparer à...“. La porte se referma sur eux, ils étaient dehors. » (année 1935).

L'auteur

• Jane Smiley, née en 1949, a depuis 1984 (Un appartement à New York) déjà à son actif une dizaine de romans salués aux États-Unis (et traduits en France), à l’instar de L’Exploitation (prix Pulitzer en 1992).

• Inaugurée par Nos premiers jours en 2014, sa monumentale saga d’Un siècle américain s’est poursuivie avec un deuxième volume (Nos révolutions, paru en 2018, traduit en 2020 chez Rivages-poche), et conclue avec de Notre âge d’or, récemment paru, traduit, et disponible en format poche chez le même éditeur.

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