Nourrices
Les femmes écrivent le monde
Parution le 21 août 2025
267 pages
21,50 euros
Infos & réservation
Thème
Une période révolue : celle de la vente de lait maternel pour nourrir des bébés dont les mères ne doivent pas allaiter, pour des raisons médicales ou sociales. Un trafic de lait est instauré.
Un enfant dans une forêt. Une nourrice le trouve. Un carnet est à côté. Elle emporte carnet et bébé. Un autre enfant meurt au même moment. Le bébé trouvé va le remplacer.
Entre amour et violence, chaque personnage représente sa part d’humanité, heureuse ou malheureuse.
Points forts
Une histoire aux multiples ouvertures : vente de lait des nourrices, hommes ayant la main mise sur ce trafic, femmes soumises, femmes solidaires, enfant trouvé, enfant mort, histoire de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture. Mystère des couples officiels ou cachés. Tant de sujets abordés.
Une narration pleine de sensualité.
Une approche physique de la femme qui allaite.
Une description de la nature, âpre, difficile à vivre, tellement présente.
Un tissage ample des personnages qui s’entrecroisent, qui donne à voir une fresque sociale aux multiples rebondissements.
Quelques réserves
Un peu difficile parfois de réunir tous les personnages.
Quelques répétitions qui peuvent lasser sur le giclement du lait, la succion de l’enfant.
Une écriture poétique parfois un peu surfaite.
Une narration que l’on suit agréablement mais qui, pour ma part, ne m’a pas totalement emportée
Encore un mot...
Un livre très original. Un roman que l’on suit pour tout ce qu’il décrit, pour toutes ses péripéties et pour le témoignage d’une vie rude qui donne à comprendre une tranche de la population qui doit se battre pour gagner sa vie, voire tout simplement pour survivre. Une vie à la campagne qui apporte ses services aux femmes de la ville. Deux sortes de vies complémentaires aux forces souvent contradictoires.
Une phrase
“Le meneur ne se donne pas la peine de répondre. Il sait qu’il est méprisé voire haï des villageois. Ça lui importe peu tant qu’il a du vin à boire et de bons gros sous dans sa poche.” (p. 71)
“Tout individu trahi sait au fond de lui, que quelque chose lui est caché.”(p. 89)
“ L’enfant de vent est né.
Dans la nuit d’orage, il a avalé la tornade
Il sera
Puissant comme les colosses d’antan
Violent comme les tyrans.” (p. 136)“ Rares sont les humains qui osent se regarder tels qu’ils sont. Rares sont les humains qui osent se montrer aux autres dans leur vérité nue.” (p. 255)
L'auteur
Séverine Cressan est née en 1976, Nourrices est son premier roman. Elle a été enseignante en France, en Allemagne et en Belgique. On peut dire que cette auteure sait montrer la voie à son lecteur. Que lui souhaiter d’autre qu’un avenir, visiblement, prometteur ?
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