Seules les rivières
Parution le 2 janvier 2026
262 pages
20,90 €
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Thème
Dans un langage froid, même s’il contient de belles descriptions de nature, Patrice Gain décline la vie de galère de Jess, fille de banlieue, multi violée dans un fourgon où elle a été attirée par un soi-disant petit ami. Face à une mère incapable et dépassée, et malgré la présence de sa petite sœur Anna qu’elle voudrait protéger, elle se lance dans une longue cavale sans but et sans autre raison que de fuir l’horreur qu’elle a vécu. Elle n’a que seize ans et se raccroche à quelques belles rencontres, des amitiés sans suite qui se terminent en queue de poisson. Elle se raccroche à ces moments rares de vie sociale apaisée mais son passé la rattrape.
Elle se cache, se méfie de tout et de tous et ne trouve jamais le repos. Cette longue fuite, cette errance se finit, en fin de compte, dans une maison de placement où elle ne trouve pas davantage le moindre équilibre social et affectif. Elle en sort. Puis elle rencontre Alex. Ils ont une fille Lilly, autiste. Et les galères continuent, celles des gens qui ne sortent pas des difficultés quotidiennes qui s’accumulent. Jess et Anna, les deux sœurs, achètent une maison et font un bout de chemin ensemble. Un peu de bonheur, enfin. Mais Alex meurt des suites d’un accident de varappe. La maison qu’elle avait achetée avec Anna est vendue. Jess reste seule avec Lilly.
Points forts
Patrice Gain choisit un langage volontairement sec et dénué de chaleur et de sentiment pour raconter cette histoire, tragique de bout en bout. Pas un tragique violent, soudain, irréparable. Non, un tragique permanent. Une malédiction irrémédiable, irrépressible, inguérissable. Cette histoire fait froid dans le dos. On voudrait y voir de l’espoir parfois, à défaut de bonheur. Mais le destin de Jess est marqué d’une malédiction permanente.
Quelques réserves
En soi, la première partie du roman, celle de l’errance sans but qui tient en haleine le lecteur, aurait pu constituer l’ouvrage entier parce qu’elle est cohérente dans sa structure, son développement, sa logique, par rapport au ressenti de Jess qui n’imagine pas que cette errance puisse finir un jour.
Mon plaisir s’est gâché quand je suis entré dans la seconde partie du roman. Le récit est trop relâché ; comme si l’auteur, sans conviction, accumulait encore des malheurs à la vie dévastée de cette pauvre Jess. Certes l’errance de Jess s’arrête, mais se finit soudain, sans raison, sans explication, dans le vide. C’est dommage.
Encore un mot...
C’est un roman intéressant, malgré tout, parce que l’auteur sait parfaitement faire ressentir l’angoisse, la peur, la fuite, tous les sentiments négatifs qui font la substance de la vie, sans perspective et sans joie, de Jess.
Une phrase
“La bienveillance est un sentiment qui caresse nos âmes, mais on ne peut miser sur sa constance, elle est parfois aussi fugace qu’un éclat de luciole dans le ciel d’été. J’en ai tiré l’amère conclusion que la vie était une épreuve qui se courait en solitaire.” P. 84
L'auteur
Patrice Gain, ingénieur en environnement et spécialiste de la montagne, publie avec Seules les rivières son dixième roman.
Quelques uns de ses précédents romans ont été sélectionnés et primés, dont Terres fauves (Prix du Festival du Polar de Villeneuve-lez-Avignon 2019), Denali (Prix du polar Sud-Ouest/Lire en poche 2021), Le sourire du scorpion (Prix Quais du Polar 2021) et Les brouillards noirs (Prix Lettres frontières 2024).
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