Super Hôte

Sarcasmes, tendresse et émotion dans un AirBed londonien. Une galerie de portraits fine et plaisante mais qui s'essouffle parfois
De
Kate Russo
Traduction de Séverine Weiss -
Quai Voltaire / La Table Ronde -
404 pages -
24€
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Thème

A cinquante ans passés, Bennett Driscoll est désormais seul et désoeuvré dans sa grande maison londonienne. Sa femme l’a quitté, sa fille vole de ses propres ailes et il est devenu un peintre ringard dans le monde de l’art où il avait un nom. A court d’argent, il décide de mettre sa maison en location sur AirBed et se retranche dans son petit atelier au fond du jardin. Trois femmes vont venir successivement habiter sa maison et, un peu, sa vie. Chacune à leur façon, elles lui ressemblent.

Il y a Alicia, jeune fille esseulée. Emma, névrotiquement angoissée. Puis Kirstie qui, tout comme lui, doit repartir de zéro et s’interroge sur son désir profond. Chacune à leur façon, aussi, elles vont lui en apprendre sur la vie, les sentiments, les femmes. En contre-champ, il noue une liaison amoureuse avec Claire, barmaid flamboyante, muse inattendue et peut-être second souffle, qui le place au pied du mur.

Points forts

- La traduction très enlevée et riche de Séverine Weiss qui contribue largement à rendre la lecture savoureuse.

- Le ton, tantôt sarcastique, tantôt émouvant.

- La sensibilité de Kate Russo qui a le goût de la psychologie et sait brosser des portraits et des tranches de vie par petites touches et sans précipitation.

- Les douleurs de l’accouchement artistique ou amoureux, de la création en général et du désir en particulier.

- La présence de Londres, puissante et pittoresque.

Quelques réserves

Il n’y a pas que Bennett Driscoll qui fait du sur-place : le livre traîne un peu. Dans son désir de tout dire sur ses personnages, de les observer à la loupe, Kate Russo construit moins un roman dont le pivot serait un héros en panne, que des portraits de femmes déboussolées, détachées les unes des autres, dont Bennett est le fil rouge trop ténu.

Encore un mot...

 On doit aux Éditions Quai Voltaire/La Table Ronde quelques belles découvertes féminines comme Tracy Chevalier (La Jeune fille à la perle, La Dernière Fugitive…) ou plus récemment la jeune primo-romancière Emma Cline (The Girls, Harvey), toujours dans des traductions très soignées, et qui ont su rencontrer et toucher leur public. Mon avis est plus réservé sur Kate Russo, nouvelle voix chez elle aux Etats-Unis comme en France. La traductrice ne démérite pas, loin de là, le livre ne manque pas de qualités, mais la construction est mollassonne et l’ensemble gagnerait vraiment à être resserré.  Super Hôte demeure néanmoins une lecture fine et plaisante.

Info vérité, ne vous laissez pas orienter par le titre et le design de la couverture (jolie, d’ailleurs) : Super Hôte n’est ni une comédie sentimentale ni un «feel good book ».

Une phrase

 « Quand il regarde par la vitre de son minuscule atelier au fond du jardin (…), il distingue l’intérieur de sa vaste demeure en brique jaune. Poussé contre l’une des deux grandes fenêtres, le futon sur lequel il est perché est un poste d’observation idéal d’où espionner ses locataires (…) Bennett voit tout cela parce qu’il a de très bons yeux. Etrange qu’il n’ait pas pu voir son divorce approcher à des kilomètres à la ronde (…). »

L'auteur

Née aux Etats-Unis, dans le Maine, Kate Russo partage son temps entre l’Amérique et le Royaume-Uni où elle a fait ses études à la Slade School of Fine Arts. Artiste-peintre exposée de part et d’autre de l’Atlantique, elle a écrit deux pièces de théâtre avant de livrer son premier roman avec Super Hôte.

Commentaires

FAB.
jeu 09/09/2021 - 17:12

Quelle déception !
J'avais entendu Gérard Collard (vous savez le libraire de la Griffe Noire à Saint-Maur) vanter ce livre qui faisait un bien fou soi-disant.
Alors en cet été maussade, je pensais mettre un peu de soleil dans ma journée et me faire du bien, même pas !
C'est cynique, déprimant. C'est à se pendre ! Franchement très déçue.
Côté écriture rien d'exceptionnel et côté construction, idem.
Des hôtes se succèdent. Outre le fait qu'ils louent tous la jolie maison de ce super hôte de AirBed, un peintre sur le retour totalement abattu parce que sa femme a foutu le camp avec un autre et qu'elle a demandé le divorce, ils sont tous dans un état dépressif plus ou moins avancé. C'est dire si c'est gai !
Franchement, j'ai trouvé le tout d'une platitude et d'un ennui... Des tranches de vie se succèdent et le super hôte se débat comme il peut avec sa solitude.
Aucune finesse, aucune subtilité et ces clichés qui se suivent et qui s'enchainent, d'une facilité déconcertante.

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