Une éclaircie

Une immersion nocturne aux côtés de Goya
De
Jean-Baptiste Del Amo
Stock, Collection Ma nuit au musée
Parution en août 2026
180 pages
19 euros.
Notre recommandation
4/5

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Lu
par

Thème

Jean- Baptiste Del Amo doit lutter contre la maladie, une maladie chronique méconnue dont le diagnostic tardif l’a laissé dans une forme de désarroi et d’inquiétude durant de nombreuses années marquées par une souffrance corporelle invalidante et une asthénie le mettant à distance de son travail d’écriture et de création.

Au cours de ce parcours de vie ébranlée, proposition lui est faite par la directrice de la Collection Une nuit au musée chez Stock de choisir un lieu d’exposition et de se soumettre à cet exercice d’isolement nocturne et de proximité intime des œuvres pour écrire un texte original, émanation d’une forme de plongée au cœur de l’art « direct ».

Francisco de Goya et le Prado sont son souhait, mais le musée refuse. Une solution de repli à l’ermitage San Antonio de la Florida à quelques encablures de Madrid lui permettra de s’allonger sous la coupole peinte par Goya pour le rejoindre, au-delà des siècles, et s’imprégner de son message pictural. Et accepter, par la force et la beauté de l’œuvre, le trouble de son corps et augmenter le désir de s’en extraire.

Points forts

Jean- Baptiste Del Amo nous offre un texte bouleversant et érudit.

  • Bouleversant parce que se livrer pudiquement et sincèrement sur un mal qui ronge, sans tomber dans un cliché mielleux et emphatique, n’est pas simple et les propos sont ici très justes. La pancréatite chronique génétique dont souffre l’auteur est définie symptomatiquement avec clairvoyance et réalisme.

  • Érudit par l’évocation ciblée des diverses œuvres de Goya aux différentes périodes de sa vie, une vie également bousculée par les affres d’une maladie dont on ne détermine pas encore avec précision les contours diagnostiques (diverses hypothèses ont été émises, sans certitude pour aucune d’entre elles mais qui s’accordent sur le fait d’une souffrance physique violente pour le peintre, ce qui ne l’a pas empêché de mourir à un âge très avancé pour l’époque !). Et cette forme de communion dans la douleur permet sans doute à l’écrivain de se laisser envahir par l’empathie réconfortante du peintre au travers de ses tableaux.

Quelques réserves

Aucune réserve pour ce récit intime et magnifique. Que dire d’autre ? Rien ! 

Encore un mot...

Del Amo nous apporte dans ce livre autobiographique un témoignage :

  • De la difficulté d’accepter la part d’ignorance du corps médical (et l’auteur de cette chronique est lui-même médecin), de se heurter à l’errance diagnostique et à l’incertitude thérapeutique.

  • Du besoin irrépressible de se tourner vers d’autres sources potentielles de réconfort, au risque de se perdre.

  • De la souffrance ajoutée d’imposer à son entourage le spectacle parfois dégradant de la maladie qui transforme le corps et l’esprit.

  • De cette merveilleuse possibilité d’un lendemain qui peut encore chanter, en un mot l’espoir de la Vie…et la nécessité de s’appuyer, encore et toujours, sur la Beauté de la peinture ou de la littérature.

Une phrase

« Ce soir-là, c’est un peu à toi seul que le clin d’œil est adressé, comme si Goya te faisait comprendre à travers les siècles qu’en dépit des motivations qui t’ont conduit ici, à la rencontre de son œuvre, rien n’est si grave que tu le penses, qu’il faut savoir rire de tout, et que même les cieux les plus menaçants finissent par se dissiper ». P.174

L'auteur

Jean-Baptiste Del Amo est né à Toulouse en 1981. Une éclaircie est son sixième roman.

Il a reçu, entre autres récompenses, le Goncourt du premier roman en 2009 pour Une éducation libertine (Gallimard), le prix du livre Inter en 2017 pour Règne animal (Gallimard) et le prix du roman Fnac en 2021 pour Le fils de l’homme (Gallimard).

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