Vittoria

L’amour est un état d’esprit que les sens ressentent de façon si aiguë que nous n’en mesurons pas les limites
De
Jacques de Mandat-Grancey
Michel de Maule
Parution en avril 2023
129 pages
16 €
Notre recommandation
4/5

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Thème

Appartenant à un milieu huppé, Charles, banquier trentenaire n’a eu droit à son patronyme qu’au chapitre 3 où Jacques de Mandat-Grancey le baptise Hunter. Dans l’esprit de l’écrivain, Charles Hunter devient le Roméo que la très jeune danseuse Vittoria rencontre pour la première fois au dîner ultra chic de l’ambassadeur d’Italie à Londres. Perdu au milieu de mondains sans intérêts particuliers pour lui, ce n’est que le lendemain de ce dîner que Charles se sent troublé par cette Vittoria. Ses atouts majeurs : son regard qu’il trouve d’une beauté rarissime, son talent de danseuse et ce naturel si plaisant qu’il rêvait de trouver un jour. 

Points forts

Ce qui aurait pu être du « déjà vu » ou du « déjà lu » ne l’est pas. L’amour en est le centre avec les nuits et les moments d’attentes de part et d’autre de ce nouveau couple. Aussi bien Charles que la jeune et superbe Vittoria y croient comme à une rencontre bouleversante ayant son lot de doutes comme d’espérances réciproques. Jusqu’à sa rencontre avec Vittoria, la vie de Charles peut sembler longue à décrire mais elle a ses clés : l’art pictural l’intéresse particulièrement quand il s’agit d’Henry Moore, des dessins de Freud, des œuvres de Nicolas de Staël ou de celles de Frank Auerbach. A ses tocades, s’ajoutent la musique qu’il aime, la lecture quotidienne du Financial Times et son intention d’acquérir une Aston Martin ou de s’en passer. 

Quelques réserves

Quand on aime un livre – et c’est le cas – l’amour que Vittoria ressent pour Charles n’est pas traversé par des réserves et si d’autres lecteurs les éprouvent, j’en fus totalement éloigné.

Encore un mot...

Rien n’est plus ingrat qu’un dialogue sur l’amour et si l’auteur s’y est lancé, c’est avec la certitude que donne l’amour à ceux qui l’ont éprouvé.

Une phrase

  • « Il contemplait ce corps endormi à ses côtés, le voyait à la fois comme une chose étrangère, lointaine, pour toujours insaisissable, et comme un trésor qu’il devait à tout prix protéger. Il le dessinait du doigt, caressait les cheveux. Il l’embrassait très doucement pour ne pas le réveiller, mais finalement les paupières cillaient, Vittoria ouvrait les yeux, le noyait dans son regard. » (p. 67)
  • « Vittoria était une artiste, une grande artiste, et elle en avait la sensibilité exacerbée…et paraissait plus nerveuse que la veille. Les répétitions de Roméo et Juliette avançaient et les danseurs commençaient à intriguer pour l’allocation des rôles lors des représentations futures. Tous les Roméos désiraient danser avec elle, ce qui était impossible, et les autres Juliettes en devenaient jalouses, ce qui n'arrangeait rien. » (p.74)

L'auteur

Jacques de Mandat-Grancey, banquier puis ambassadeur de l’Ordre Souverain de Malte auprès de la république de Cuba, n’a cessé de voyager pendant une cinquantaine d’années. Vittoria est son quatrième roman. Les titres des trois précédents, édités aussi chez Michel de Maule, sont La forêt des nuages, Le Balafré : un gentilhomme sous la Révolution et Crépuscule à Gramercy Park.

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