Voici venir les rêveurs

Chaleureux, sincère, mais sans grande originalité
De
Imbolo Mbue
Editions Belfond - 440 pages
Notre recommandation
3/5

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Lu / Vu par Culture-Tops

Thème

Jende Jonga, immigrant camerounais, vit à Harlem avec sa femme enceinte et leur petit garçon, dans des conditions précaires. Il décroche un poste de chauffeur auprès d'un banquier de chez Lehman Brothers et il espère ainsi pouvoir obtenir sa carte verte pour devenir citoyen américain et assurer l'avenir de sa famille. Un respect mutuel et une complicité se nouent entre les deux hommes. Mais l'éclatement de la crise des subprimes va faire tomber cet équilibre précaire et ruiner les rêves de chacun.

Points forts

Une écriture simple, imagée et efficace qui fait vivre les personnages et nous les rend très proches dans leur quotidien; une aventure pleine de rencontres et de rebondissements, avec beaucoup de lucidité et d'humanité dans l'évocation des destins croisés et des liens qu'entretiennent les deux familles, parents comme enfants.

L'ambition sociale et la puissance de l'argent se confrontent aux  valeurs de vie et de courage; la réussite financière qui domine, rassure en apparence mais isole, se heurte à la chaleureuse solidarité africaine teintée de naïveté et de nostalgie quant à un possible retour aux sources.

L'herbe est-elle plus verte ailleurs ? à quel prix ? Choc des cultures, choc des mentalités.

La menace permanente et l'angoisse du risque d'expulsion qui guettent la famille Jonga sont très bien décrites. On trouve aussi les faux-bons conseillers plus arnaqueurs que médiateurs.

Chacun joue sa partition, essaye de s'en sortir la tête haute, avec des motivations plus ou moins louables.

Quelques réserves

Des longueurs et cette même naïveté qui donne lieu à des clichés et à du "déjà vu" car l'Amérique a fait rêver à toutes les époques, avec son lot de réussites et de déceptions.

Les personnages sont attachants et bien campés mais la chute de Cindy et la déstructuration de sa famille sont un peu trop stéréotypées. Et les moyens utilisés par Neni pour préserver sa famille à la fin du livre sont décevants.

Encore un mot...

Un bon premier roman qui se lit très agréablement, une fresque vivante pleine de chaleur humaine et de sincérité sur les espoirs et désillusions suscités par le mythique rêve américain.

On pourra regretter parfois un manque de puissance et d'originalité.

Une phrase

Ou, plutôt, un extraît (p.263) :

"Au matin de Noël, ils mangèrent des plantains frites avec des haricots, mais n'échangèrent pas de cadeaux : Jende ne voulait pas laisser Liomi croire que donner et recevoir des biens matériels avait un quelconque lien avec l'amour. "N'importe qui peut entrer dans une boutique et acheter ce qu'il veut pour donner à qui il veut", avait-il dit à Liomi quand ce dernier avait demandé pour la énième fois pourquoi il ne pouvait même pas avoir droit à un petit camion. "Si tu veux savoir ce que vaut l'amour de quelqu'un, le sermonna-t-il encore, regarde plutôt ce qu'il fait pour toi avec ses mains, ce qu'il dit pour toi avec sa bouche et ce qu'il pense de toi avec son coeur."

L'auteur

Née en 1982, Imbolo MBUE a quitté le Cameroun en 1998 pour faire ses études aux Etats-Unis. Elle vit aujourd'hui à Manhattan. "Voici venir les rêveurs" est son premier roman.

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