Thêatre-Spectacles

Kean

Le Grand Kean, le Roi de Londres, enfin de retour à Paris
De Alexandre Dumas
Mise en scène : Alain Sachs assistée de Corinne Jahier
Avec Alexis Desseaux, Pierre Benoist, Sophie Bouilloux, Marc Schapira, Frédéric Gorny, Eve Herszfeld, Justine Thibaudat, Stéphane Titeca

Infos & réservation

L’Atelier
Place Charles Dulin
75018 Paris
Tél. : 01 46 06 49 24
http://www.theatre-atelier.com
Du 5 novembre au 5 janvier, du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 17. Relâches exceptionnelles les 4 et 24 décembre et le 1er janvier 2020

Lu / Vu par

Charles-Edouard Aubry
Publié le 02 déc . 2019

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

Kean est un acteur anglais, « le plus grand du monde », que le tout-Londres court applaudir. Cousin du Cyrano de Rostand, bouillant, émouvant, insolent, l’homme et le comédien se confondent. Il excite les passions, suscite la jalousie et confond les pleutres. • Mais dans une société anglaise corsetée, ses multiples frasques vont finir par le discréditer.

Davantage que le sujet de l’intrigue, la pièce est passionnante tant elle exprime la quintessence du théâtre en abordant tous les thèmes : la quête d’absolu, le donjuanisme, le pouvoir, l’amour, l’amitié, la folie.

Points forts

- Le texte d’Alexandre Dumas (père) est inspiré du personnage de Kean, qui a réellement existé. Adapté par Jean-Paul Sartre, qu’on n’attendait pas forcément sur un registre mêlant drame et comédie, il nous offre une joyeuse et flamboyante variation sur l’art du comédien. C’est un appel enflammé à toutes les résistances, un hymne absolu à la liberté. Il mêle l’imagination fiévreuse de Dumas à l’insolente modernité de Sartre.

- Huit acteurs, cinq hommes et trois femmes, composent un dispositif florentin (Pirandello n’est jamais bien loin), une véritable mise en abîme, un jeu de miroirs permanent. Ils sont sans cesse renvoyés, comme des culbutos, les uns vers les autres et au rôle que la société leur fait jouer. Les rebondissements de l’histoire les révèlent – brutalement parfois – et les ramènent à la médiocrité de leur condition humaine.

- Quelle magnifique distribution ! D’Alexis Desseaux qui compose un Kean entre flamboyance et fragilité à Justine Thibaudat qui campe un Anna mutine et faussement frivole, tous les acteurs et actrices sont à l’unisson. Fait amusant, la plupart d’entre eux se sont distingués à la télévision dans des rôles plus légers, preuve que le talent permet de passer facilement du théâtre à la TV.

- A l’image d’un décor en perpétuel mouvement, d’une profusion de costumes taillés dans de magnifiques étoffes et de lumières de toutes les couleurs, la mise en scène d’Alain Sachs ajoute une ardeur qui dynamite situations et personnages.

Points faibles

2h20 quand même ! Mais on ne voit pas le temps passer.

En deux mots ...

La pièce n’avait pas été montée à Paris depuis 1987 (avec Jean-Paul Belmondo, dont ce fut le grand retour au théâtre) avant qu’Alain Sachs et sa troupe ne lui donnent une nouvelle jeunesse début 2019 au théâtre 14 (avec une chronique de Culture top….) et au théâtre L’Oeuvre. La pièce poursuit son périple parisien.

Un extrait

Kean : « Tu as raison, mon vieil ami, tu as raison ; je sens que je me tue avec cette vie de débauches et d’orgies ! Mais, que veux-tu, je ne puis en changer. Il faut qu’un acteur connaisse toutes les passions pour les bien exprimer. Je les étudie sur moi-même, c’est le moyen de les savoir par cœur ». Acte 2

L'auteur

Alexandre Dumas père (1802 – 1870, à ne pas confondre avec son fils (1824 – 1895), également auteur illustre (La dame aux camélias)) connait tout d’abord le succès en tant que dramaturge, ce qui lui vaut d’être joué à la Comédie Française.

Mais c’est surtout avec ses romans feuilletons – et l’essor de la presse bon marché -  qu’il donne sa pleine mesure, avec Les trois mousquetaires, Le comte de Monte Cristo, Vingt ans après, ou  Joseph Balsamo …

Il achète même un théâtre en 1847, qu’il baptise « Théâtre Historique ». Lui, en tout cas le devient à sa mort, puisqu’il est inhumé au Panthéon...

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