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Thêatre-Spectacles

Pourvu qu’il soit heureux

Bon, mais pêche par la fin
De Laurent Ruquier
Mise en scène : Steve Suissa
Avec Francis Huster, Fanny Cottençon et Louis Le Barazer

Infos & réservation

Théâtre Antoine
14 boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tél. : 142087771
http://www.theatre-antoine.com
Jusqu’au 30 novembre: Du mardi au dimanche à 21h, samedis et dimanches à 16h

Lu / Vu par

Charles-Edouard Aubry
Publié le 08 oct . 2018

Recommandation

2,0BonBon

Thème

Maxime et Claudine découvrent subitement que leur fils est gay ! Cet événement tragique pour l’un et naturel pour l’autre, va remettre en cause leur propre identité. La cellule familiale, ou plutôt les cellules familiales puisque l’auteur, au profit d’un habile retournement de situation, nous présente deux versions des mêmes parents, s’en trouve bouleversée. Chacun va exprimer ses espoirs et ses colères, ses doutes et ses incapacités. Le regard des parents sur leur fils se double d’un regard du fils sur ses parents.

Points forts

1/  Il ne se passe pas une semaine sans qu’un « fait divers », en fait une tragédie, nous apprenne le suicide d’un adolescent, l’assassinat d’une lesbienne ou le rejet violent d’une population, les homosexuels, toujours stigmatisée. Il faut en parler, il faut en faire des sujets de société, de comédie, d’échange et de discussion, à la maison, dans les bistrots et au théâtre. Merci à Laurent Ruquier d’en faire un sujet, en donnant à ses personnages une magnifique proximité.

2/  Les vannes de Laurent Ruquier font mouche, les dialogues coulent comme une eau claire, c’est du bon boulevard  comme Ruquier sait si bien le faire.

3/  Les acteurs s’amusent, le public aussi. En tête Francis Huster, qui a connu les grandes heures de ce théâtre emblématique, est aussi à l’aise dans la gravité, la colère et la légèreté. Campant tour à tout un père homophobe puis homophile, il mène la danse avec la précision d’un directeur de ballet.

Fanny Cottençon lui donne la réplique, mère tour à tour compréhensive et désarmée. Elle est le parfait contrepoint de ses deux hommes, l’ultime rempart pour protéger son fils et tenir tête à son mari.

Quant à Louis le Barazer, jeune espoir dans un rôle difficile, il aura beaucoup appris au contact de ces deux vedettes du la scène.

Points faibles

C’est là peut-être les limites de l’exercice militant. Là où la pièce est légère et enlevée, la toute fin bascule dans un discours qui n’a plus le recul nécessaire pour une création artistique. Le message est parfaitement juste et maîtrisé, on ne peut qu’y souscrire, mais il cadre mal avec le ton de comédie du reste de la pièce.

En deux mots ...

Pas de lourdeur ni de moquerie gratuite, et si Laurent Ruquier a sûrement subi moult quolibets sur son homosexualité, il conserve pour ses personnages une vraie tendresse. Cela lui permet de mettre en scène une famille dans une situation exceptionnelle en les passant au révélateur. Et si c’était votre fils ? Et si c’était votre père ?

L'auteur

On ne présente plus Laurent Ruquier, on va donc se contenter de dire qu’il est à lui seul l’homme-orchestre – et puisqu’il s’agit de théâtre on y ajoutera les baignoires et les corbeilles – d’un comique à la française, au sens où on l’entendait en parlant d’Alphonse Allais ou de Jules Renard. Touche à tout, maniant l’art de la vanne et du bon mot, mais aussi celui de la critique, de la présentation d’émissions, ou de la production, il règne avec talent et une certaine forme de simplicité et de proximité qui le rendent sympathique même pour ceux qu’il ne fait pas rire.

Commentaires

babs bonnardeaux
Le 18 déc. 2019
à 13h39

je m'attendais à rire beaucoup plus !!! Ayant un fils homosexuel, j'ai retenu des dizaines de phrases et d'idées reçues qui ont du fuser dans ma tête de maman, dans la tête du père, et dans la tête de mon fils : On voulait une fille, c'est de ma faute, tu l'as trop couvé, arrête de l'appeler "petit loup", tu vas en faire un pédé, merde je ne serai donc pas grand-mère, est-il "passif" ? , il a toujours été sensible, il a toujours été entouré de jolies filles, NON : l'homosexualité n'est pas un choix (je me tue à le dire aux gens....) . Je m'y suis retrouvée du début à la fin, sauf que moi, j'ai "deviné" son homosexualité dès qu'il a pu s'exprimer. MON GROS BEMOL et j'y reviens : j'aurais voulu rire beaucoup plus :D

me.prat@laposte.net
Le 24 aoû. 2020
à 22h34

cette pièce m'a plus touchée que fait rire. Je suis tellement d'accord avec le fait que nous devons tous nous accepter tels que nous sommes (une évidence!) mais je pense que nous devons nous éloigner de ceux qui nous font mal, simplement par instinct de survie. Merci Monsieur Ruquier pour ce beau moment que j'ai trouvé si tendre (je ne suis ni un homosexuel, ni une lesbienne ni une personne se sentant persécutée, incomprise ou exploitée. Je me considère comme un être vivant et aimant).

Joss West
Le 25 aoû. 2020
à 18h32

J'ai aimé le thème et le jeu de Fanny cotençon. Je n'ai pas aimé le jeu de Francis Huster sauf dans le 3e acte. Dans le 1er son jeu sonne faux je ne retrouve pas le Francis Huster imprevisible et a la pointe de lemotion. Trop détaché, trop autoritaire. Dans le 2e acté il domine trop. Aucune sensibilité devant la détresse de Fanny... Dans le 3e acte le comédien retrouve sa place dans l'expression. On ne dit pas assez ou mal à propos des intentions de Riquier.

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