Thêatre-Spectacles

Vipère au poing

Une adaptation très réussie d'un roman très sombre
De Hervé Bazin
Mise en scène : Victoria Ribeiro
Avec Aurélien Houver

Infos & réservation

Théâtre du Ranelagh
5 rue des Vignes
75116 Parid
Tél. : 01 42 88 64 44
http://www.theatre-ranelagh.com
Jusqu'au 13 janvier: Du mercredi au samedi à 19h et le dimanche à 15h.

Lu / Vu par

Françoise Boursin
Publié le 22 oct . 2018

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

C’est donc une adaptation du roman d'Hervé Bazin, "Vipère au poing ». Ce roman, largement autobiographique, publié en 1948, raconte l’enfance de Jean, dit Brasse Bouillon, le narrateur, de ses deux frères, Freddie, dit Chiffe, et Marcel, dit Cropette, face à leurs parents: le père, juriste entomologiste, faible devant sa femme, dite Folcoche , aux méthodes d’éducation musclées et sadiques. Jean mène le combat contre sa mère avec haine et ruse, jusqu’aux tentatives d’assassinat qui se terminent à l’ avantage des enfants: ils sont enfin inscrits comme pensionnaires chez les Jésuites, qui remplacent avantageusement la série d’abbés-précepteurs, tous démissionnaires ou renvoyés par Folcoche. C’est une peinture très noire des relations familiales.

Points forts

1) L’atmosphère de haine dans cette famille étouffante est bien rendue dans cette pièce.

2) L’acteur, qui endosse tous les rôles, fait une remarquable prestation; il fait vivre le personnage de Brasse Bouillon, mais aussi tous les autres, avec réalisme et humour noir. 

3) Ce choix de présenter un seul acteur pour tous les personnages est surprenant au premier abord, mais c’est finalement une réussite: en 1h15, il ne lasse pas le spectateur. Le soir où j'y suis allée, Il a d’ailleurs été longuement applaudi à la fin du spectacle.

4) L’adaptation est réussie: les nombreuses coupures dans le roman laissent intacte la ligne directrice et rendent limpide le combat frontal entre le héros et sa mère.

5) La mise en scène est simple, mais elle évite la monotonie. Et l’arbre qui occupe la scène, le taxaudier, joue bien son rôle multiple de refuge, de siège, de point d’observation…

Points faibles

Il y en a peu, à partir du moment où on accepte de voir les cinq personnages de la famille, les abbés, la bonne, interprétés par un seul acteur. Au début, ce parti pris surprend, mais on s’y habitue, et le jeu remarquable d'Aurélien Houver fait de ce pari une réussite.

En deux mots ...

Voilà une adaptation réussie d’un roman cruel, qui nous plonge dans les horreurs d’une vie familiale faite de haine et de méchanceté.

Un extrait

« Grand-mère mourut. Ma mère parut. Et ce récit devient drame. »

L'auteur

Hervé Bazin, né en 1911 et mort en 1996, écrivit de nombreux romans, dont le premier fut, justement, « Vipère au poing ». Suivirent  "La Tête contre les murs », »La Mort du petit cheval », « Qui j’ose aimer ». « Le Cri de la chouette »... Il est aussi l’auteur de nouvelles et de poèmes. Il se maria quatre fois et eut de nombreux enfants. Il devint Président de l’académie Goncourt.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.