Bob et moi

C’est l’histoire d’un homme, d’un peuple, d’une musique, d’une religion et de l’humanité
De
Alexandre Virapin et Jules Meary
Durée : 1h15
Mise en scène
Jules Meary
Avec
Alexandre Virapin
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

La Scala Paris
19, boulevard de Strasbourg
75010
Paris
01 40 03 44 30
Jusqu’ au 21 avril 2026 Mardi à 21h15

Thème

  • Seul en scène (ou presque, avec la présence discrète de son co-auteur et metteur en scène, Jules Meary), le comédien raconte comment Bob a envahi sa vie d’enfant, par une nuit d’insomnie. D’abord présence inspirante, presque inaccessible, Bob devient progressivement un compagnon imaginaire, un alter ego encombrant. Et surtout une découverte qui va changer sa vie.

  • Bob, c’est Bob Marley bien sûr ! Il raconte sa vie, avec ferveur et humour, dans ce récit théâtral et musical, mêlant petite et grande histoire : celle d’un homme né dans le ghetto jamaïcain et devenu une légende grâce à son génie musical et un message universel de paix et d’amour.

  • À travers sa quête d’identité et cette relation fusionnelle, la pièce interroge notre besoin de héros et la manière dont nous construisons nos propres mythologies intimes.

Points forts

  • L’écriture du spectacle est une vraie réussite : fine, rythmée, oscillant entre autodérision et gravité. Les répliques font mouche et le public rit souvent. Le texte évite l’écueil du pathos grâce à une ironie constante qui sert de garde-fou émotionnel. Les fans de Bob se régaleront, les autres en auront beaucoup appris car les deux auteurs connaissent leur Marley sur le bout des doigts.

  • La performance du comédien est également remarquable. Il parvient à donner corps à Bob sans jamais le matérialiser pleinement, jouant sur les silences, les ruptures de ton et une gestuelle précise. Alexandre Virapin fait preuve d’une énergie communicative, porté par un débit mitraillette, parfaitement maîtrisé.

  • La mise en scène, sobre, sert intelligemment le propos. Peu d’accessoires, une lumière travaillée, un espace vide de toute scénographie : tout concourt à focaliser l’attention sur le récit intérieur. Cette simplicité formelle donne au spectacle une élégance certaine et renforce l’imaginaire.

  • La musique est très présente - pas forcément les morceaux les plus connus - mais ils illustrent au plus près les propos du comédien, qui finit son spectacle en interprétant, seul à la guitare, Redemption Song.

  • Enfin, la pièce touche par son universalité. Chacun peut reconnaître son “Bob” : une réussite musicale, une figure adulée, un idéal inaccessible.

Quelques réserves

  • Deux petits reproches, sur la forme, avec deux épisodes sans grand intérêt, mais qui s’étirent inutilement :

    • au milieu du spectaclelorsque l’introspection prend le pas sur la narration, on voit bien que les auteurs ont voulu introduire une respiration, qui n’apporte rien à mon sens ;

    • à la fin, une scène de danse / mime / expression corporelle totalement inutile.

Encore un mot...

  • Un spectacle intelligent, délicat et très bien documenté, un captivant pèlerinage, un personnage de légende, qui donne envie de se refaire l’intégral de « Bob », et de regretter sa disparition, à 36 ans, alors qu’il avait encore tant de choses à accomplir.

Une phrase

  • « Quand le mur de Berlin a été détruit, on écoutait la musique de Bob Marley. Quand l’homme de Tian’anmen s’est dressé devant la progression des chars dans sa ville, on écoutait la musique de Bob Marley. Quand Nelson Mandela est sorti de prison et qu’il a eu le prix Nobel de la paix, on a associé ça à la musique de Bob Marley. Partout dans le monde quand les opprimés, les oppressés, les laissés-pour-compte ont besoin d’espoir, ont besoin d’optimisme, ont besoin d’un peu joie de vivre, ils écoutent et ils chantent les chants de Bob Marley. »

L'auteur

  • Alexandre Virapin, né en 1991, est un comédien français d'origine réunionnaise. Il a grandi dans la banlieue parisienne à Clamart et a intégré l'école des Enfants de la Comédie en 2004, où il a découvert le monde de la scène. De 2012 à 2015, il a étudié à l'École Supérieure du Théâtre National de Bretagne, dont il sort diplômé.

  • Alexandre Virapin est membre du Collectif Bajour et co-dirige actuellement la Compagnie des Échappés de la Coulisse

  • En tant que comédien, il a interprété plusieurs rôles au théâtre, notamment dans L'Éclipse, À l'Ouest, Un homme qui fume c'est plus sain, et Cyrano de Bergerac.

  • Alexandre Virapin a créé Bob et moi en 2019, dans lequel il explore l'impact de Bob Marley sur sa vie.

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