Bonjour ivresse

Un acte, ça va. Trois, bonjour les dégâts !
De
Franck Le Hen
Mise en scène
Franck le Hen et Christine Hadida
Avec
Claire Jaz (Wanda), Éléonore Sarrazin (Marie), Cyril Garnier (Raphaël), Franck le Hen (Benoît).
Notre recommandation
2/5

Infos & réservation

Apollo Théâtre
18 rue du faubourg du Temple
75011
Paris
01 43 38 23 26
Les vendredis et samedis à 21h30
Lu / Vu par

Thème

 • Benoît aborde son 40ème anniversaire entouré de sa sœur Marie, passablement coincée depuis une rupture douloureuse, et d’un gros thon nommée Wanda, qui noie dans l’alcool l’impossible amour pour son ami, résolument porté sur la gent masculine.

• Mais voilà que Benoît se trouve confronté aux vœux qu’enfant il se promit de réaliser avant cette échéance. Sa situation d’homosexuel sans attache sentimentale particulière rend la chose presqu’impossible, quoique...

Points forts

 • Un deuxième acte que l’on n’attendait plus, sous la forme d’un flash-back dans les années 1980, une succession de play-backs sur les tubes de l’époque en guise de dialogues, un comédien qui perd le fil de répliques (qu’il a pourtant écrites !), et voilà que le spectacle décolle enfin et s’emballe. Pour peu de temps, hélas, car il faut vite que les poncifs et les lourdeurs reviennent plomber la comédie.

Quelques réserves

• Cette deuxième partie arrive un peu tard : le spectateur s’est déjà appuyé un premier acte au cours duquel aucune vulgarité (ou presque) ne lui a été épargnée. Ce qui tient lieu de punchline est (mal) prononcé par des personnages caricaturés au possible, qui en font des tonnes pour sur-signifier leurs attributs et susciter le rire le plus gras possible.

• La représentation de l’homosexualité accumule notamment tous les clichés possibles et barbotte dans le glauque le plus total : par comparaison, les paroles de Comme ils disent sont tout en finesse d’observation et subtilité (la chanson d’Aznavour pouvant au moins se targuer de qualités vocale et mélodique certaines).

• Quant au troisième acte, qui conclut cette nuit d’ivresse, il rejoint la première dans sa prévisibilité, sa lourdeur et sa médiocrité. La boucle étant bouclée, il est plus que temps de dessoûler.

Encore un mot...

 

• En d’autres temps, ce spectacle eut pu s’intituler Whisky, petites tapettes et meufs mal baisées. La clef de son succès passé et présent (il affichait complet le soir de sa reprise), tient peut-être au casting « vu à la télé » de la nouvelle équipe entourant désormais son créateur, directeur d’acteurs pour Plus belle la vie, où Claire Jaz campe la Docteure Friedman, et Éléonore Sarrazin le personnage de Sabrina Gocelin. De son côté, Raphaël Garnier, auteur pour Laurent Ruquier (On ne demande qu’à en rire), se montre dans des séries telles que Clem, Le stagiaire ou Demain nous appartient. Bref, bien des spectateurs semblent se satisfaire de voir en chair et en os des acteurs cathodiques quelle que soit la partition interprétée...

• Cela n’explique pas la longévité d’une comédie qui affiche 2 000 représentations en dix ans d’exploitation : on a connu des gueules de bois plus courtes.

Une phrase

Raphaël [à Benoît] : « Est-ce que tu veux bien me la mettre, me l’enfiler... la chemise ? »

L'auteur

Franck le Hen s’est fait une spécialité des « comédies de situation », avec Les homos préfèrent les blondes,  suivi de Bonjour ivresse (2010) et Comme un boomerang.

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