Cabaret de l’Exil. Femmes persanes

La poésie au galop
De
Bartabas
Musiciennes :
Chant et Kamantcheh : Firoozeh Raeesdanaee
Setar, Shourangiz et Daf : Shadi Fathi
Santûr : Farnaz Modarresifar
Tombak : Niloufar Mohseni
Création sonore, percussions : Catherine Pavet
Avec
Bartabas, Amandine Calsat, Sahar Dehghan (danseuse), Stéphane Drouard (Fildefériste), Marion Duterte, Johanna Houé ,Camille Kaczmarek, Perrine Mechekour, Alice Pagnot, Tatiana Romanoff, Emmanuelle Santini, Alice Seghier, Eva Szwarcer (capillotraction)
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

THEATRE EQUESTRE ZINGARO
76 avenue Jean Jaurès
93300
Aubervilliers
01 48 39 54 17
Jusqu’au au dim. 31 déc. 2023. Du mardi au samedi à 19h30, le dimanche à 17h30

Thème

  • Surplombant la piste, des musiciennes persanes, artistes en exil, donnent le ton. Face à elles, une sorte de magicienne donne le rythme et le fond sonore, bruit de vagues, de grelots et de vent. 
  • Le spectacle se déploie en une succession de tableaux qui s’autorisent tous les mélanges et tous les métissages : eau et feu ; femmes et animaux (et quelques hommes aussi, dont ceux qui se jettent dans une course à dos d’âne hilarante) ; funambule asin. Tous les corps possibles : petits et gros ; ânes bourrus et capricieux et chevaux renversants de puissance, de grâce et d’élégance ; caravane de l’exil et salle d’école dévastée et vide. 
  • Un monde de contrastes, de couleurs et d’harmonies est déployé par ces chanteuses, ces musiciennes, ces guerrières, ces danseuses et ces écuyères.

Points forts

  • D’abord le lieu, qui reste magique, l’arrivée par les galeries surplombant les boxes des artistes qui attendent le moment de leur entrée en scène dans une entêtante senteur de crottin, le clair-obscur du chapiteau aux lueurs vacillantes, la piste inondée et miroitante dont la teinte pourpre reflète les lueurs des bougies allumées sur les gradins. Dans l’eau, la foulée des chevaux laisse une fugitive trace claire évoquant le voyage.
  • Les virtuosités de l’art équestre, de la danse, de la musique, de la poésie, des costumes somptueux, noués ici dans une œuvre collective au service d’une émotion si bien émulsionnée par le rire qu’elle n’est jamais pesante.
  • L’art équestre le plus subtil (piaffé, épaule en dedans, changements de pieds) déployé par des chevaux merveilleusement équilibrés et incurvés, et qui dialoguent avec leur cavalière, au service d’un propos et d’une poésie. 
  • La musique envoûtante et l’éclairage sont plus que des adjuvants : des éléments centraux de la féérie.
  • Impossible d’oublier la sorte de “pas de deux“ qui associe sans les joindre la danseuse en rouge sur son podium circulaire juste au-dessus de l’eau et le petit cheval blanc qui galope au rythme de la musique, s’allongeant et se rassemblant alternativement avec une infinie élégance.

Quelques réserves

On l’a deviné, il n’y en a aucune.

Encore un mot...

  • Les artistes iraniennes - musiciennes, chanteuses et danseuses – qui ont rejoint la tribu équine et féminine de Bartabas ressuscitent la voix de poétesses fameuses ou oubliées, pour faire entendre le chant de femmes persanes à distance des représentations folkloriques et mystiques et revendiquant leur dignité de sujets amoureux. 
  • Ce sont les premiers temps de la civilisation scythe et peut-être davantage encore sarmate, cavalière et nomade, matriarcale et assurant l’égalité entre les genres, qui sont convoqués. Les femmes guerrières participaient alors à la défense de la communauté et chaque fille devait avoir tué un ennemi pour pouvoir prétendre au mariage. Comme dans d’autres endroits du monde, le rôle de l'homme n’est devenu dominant qu’avec la sédentarisation, l’agriculture et l’élevage.
  • Pas besoin de mots ici – ou très peu, ceux de la poésie donc - pour évoquer cette harmonie perdue qui, même si elle n’est qu’à moitié vraie, ouvre l’horizon sur des possibles à venir. Un jour où le dialogue des corps, la fluidité entre les genres et l’équilibre entre les vivants pourraient être restaurés.

Une phrase

« Mon visage découvert ne me dénude pas
Pourquoi porterais-je sur MA tête le poids de TES faiblesses ?
Au lieu de voiler mon visage,
Jette un voile sur tes pulsions coupables. »

L'auteur

  • Cavalier hors pair, chorégraphe, metteur en scène, scénographe et réalisateur, Bartabas a inventé une forme nouvelle de spectacle vivant : le “Théâtre équestre“, mêlant art équestre, danse, musique et comédie. 
  • En 1984, il fonde sa compagnie, le Théâtre équestre Zingaro, qui s’installe au Fort d’Aubervilliers en 1989, l’année où Manolo Bez fonde le théâtre du Centaure qui s’installera à Marseille en 1995

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Toujours à l'affiche

Théâtre
WELFARE
De
Julie Deliquet – D’après le film documentaire (1973) de Frederick Wiseman