Ce qui reste d’un amour
Infos & réservation
Thème
Un an après avoir quitté Hugo, Alice débarque chez lui au beau milieu de la nuit : la jeune femme, apparemment désorientée, semble cependant vouloir y voir plus clair sur cet amour autrefois si intense, sur son initiative l’ayant poussée à rompre, et sur l’attitude d’Hugo qui l’a laissée partir.
S’avouant mutuellement à quel point cette rupture les a fait souffrir, le musicien de jazz et la comédienne se retrouvent l’espace d’une nuit. Mais un an plus tard, c’est au tour d’Hugo de sonner à la porte d’Alice, en fin de journée, et de la découvrir très occupée à répéter la pièce qu’elle a écrite et s’apprête à jouer sur scène.
Tout n’a pas encore été dit sur cet amour-passion, et des réponses qui seront apportées dépendra celles à ces dernières questions : Hugo va-t-il partir jouer au Blue note à New York et laisser Alice mener sa vie ? Que restera-t-il de leurs amours, ainsi que Charles Trenet nous l’avait chanté !
Points forts
La pièce, menée par un duo de personnages émouvants et fragiles, dégage un grand charme, en raison de l’authenticité qui s’en dégage. Il y a quelque chose de racinien dans leurs dilemmes et de fondamentalement humain dans ces situations, somme toute ordinaires.
Le personnage d’Alice est interprété par Caroline Devismes, littéralement habitée par son rôle et exceptionnelle de naturel. Elle nous plonge dans les affres d’une femme biface, en proie à des demandes amoureuses en perpétuelle tension. Thomas Le Douarec ne s’en laisse pas compter, et joue du piano (presque) comme René Urtreger au Duc des Lombards !
Le texte est ciselé, les réparties sont cinglantes et les silences souvent lourds de sens. Aucun des deux personnages n’est univoque, les ambivalences sont au rendez-vous.
Cet exercice de duo amoureux est brillamment - c’est bien le mot - mis en lumière (et nostalgiquement mis en musique par quelques belles ballades) dans des décors stylisés, et surtout un ameublement où chaque élément a un sens, ainsi ce fameux canapé deux places Ikea chez lui, versus le style Poltronesofa chez elle.
Quelques réserves
- Rien à y redire : la banalité du fait divers amoureux est ici transcendée par la virtuosité des interprètes dans l’exercice de leur joute oratoire.
Encore un mot...
L’un des intérêts de cette pièce est de nous montrer la variété des traces qu’un amour peut laisser sur son passage : pas seulement des souvenirs, mais des objets, mille gestes, musiques, impressions.
Elle nous adresse aussi cette question: l’amour vrai, est-ce prendre le risque de l’absolu… ou pas ? Chacun répondra selon sa personnalité (et celle de l’être aimé).
Une phrase
Alice : « Hugo, pourquoi c’est fini ?
Hugo :
- « Tu m’as dit : “Je veux retrouver ma lumière“ ! »
- « Alice… J’en veux pas de ton “adieu“ ! »- Alice : « L’amour, le vrai, ne meurt pas, ce sont les relations qui prennent fin. »
L'auteur
Née en Italie, au bord du lac de Côme, Carlotta Clerici vit à Paris. Metteuse en scène et autrice, elle écrit plusieurs pièces, notamment Ce soir j’ovule (monologue créé au Théâtre des Mathurins en 2010/2011, mise en scène de Nadine Trintignant, avec Catherine Marchal, publié aux éditions Les Cygnes) et C’est pas la fin du monde (créé en 2013 à la Manufacture des Abbesses, mise en scène de l’auteur, également publié aux ed. Les Cygnes), ainsi qu’un roman, Éloge de la passion (Denoël, 2017).
Dans sa mise en scène actuelle, Ce qui reste d’un amour a été créé au Festival off d’Avignon en 2022.
Ajouter un commentaire