Darius

Les parfums d’une vie
De
Jean-Benoît Patricot
Adaptation : André Nerman
Mise en scène
André Nerman
Avec
Catherine Aymerie et François Cognard
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre de l’Essaïon
6 rue Pierre au Lard
75004
Paris
01 42 78 46 42
Jusqu’au 11 décembre 2022. Les jeudi, vendredi, samedi à 21h. Dimanche à 18h.

Thème

  • Paul est un créateur de parfums à la retraite, et Claire a une mission pour lui.
  • Plus qu’une mission, c’est une impossible quête que le parfumeur va accepter d’entreprendre : offrir au fils de Claire, Darius, atteint d’une maladie dégénérative qui l’empêche de bouger - mais aussi de voir ou d’entendre - un dernier voyage…celui de sa vie.
  • Paul va devoir créer les parfums des villes, des lieux ou des gens qui ont traversé la vie de Darius. Un jeu sensoriel et sensuel s’instaure ainsi, et, à travers cette recherche de fragrances et de souvenirs, se dessine l’amour bouleversant d’une mère pour son fils.

Points forts

  • Un décor simple : deux bureaux l’un à côté de l’autre, face à la salle, évoquent les deux espaces de jeu des comédiens. Des lumières tamisées et une création sonore délicate accompagnent les échanges de lettres et nous invitent avec douceur à voyager de l’univers de Claire à celui de Paul.
  • Le texte est beau et fort, sans jamais virer dans le pathos mais au contraire en allant chercher la légèreté et l’humour pour combattre le drame.
  • La finesse et la subtilité du jeu de Catherine Aymerie, tout en lumière malgré le poids de son récit, et qui nous cueille dès la première lettre.
  • Pouvoir nous transporter et nous émouvoir à ce point en éveillant notre sens olfactif est un pari fort réussi.

Quelques réserves

  •  La répétition du procédé habituel de la correspondance - « Cher Paul…. Chère Claire… Post-scriptum….etc… » - peut sembler redondant, voire lassant ; on aimerait plus d’inventivité pour rompre avec ce schéma classique.
  • Le personnage de Paul manque un peu de profondeur et de couleurs, surtout par rapport à Claire.

Encore un mot...

  • Qui n’a jamais vu ressurgir du fond de sa mémoire un souvenir lointain en humant soudainement un parfum connu ? La mémoire olfactive est un sujet mystérieux et fascinant, et tenter d’éveiller ce sens chez le spectateur est une idée formidable, car c’est le rendre lui-même acteur de l’histoire. 
  • Au gré des voyages et des créations de Paul, le spectateur va lui aussi tenter de ressentir ce que les parfums exhalent et laisser peut-être ses propres souvenirs se mêler à ceux de Darius. Cette pièce est une véritable épopée sensorielle.

Une phrase

«  Pour comprendre ma démarche il faut que je vous parle de mon fils, Darius. Il a 19 ans, c’est un garçon curieux, qui aime voyager, manger avec les doigts dans des pays lointains, dévaler les rues de Lisbonne en tramways, prendre l’avion et partir. Juste pour aller loin. Ailleurs. [...] Mon fils est un pluri-handicapé très Proustien. »

L'auteur

  • Romancier et dramaturge, Jean-Benoit Patricot a reçu le prix Durance-Beaumarchais SACD pour Darius, qui a été créé au festival d’Avignon en 2016, puis repris à Paris au théâtre des Mathurins dans une mise en scène d’Anne Bouvier. 
  • Darius est un texte, sinon autobiographique, largement inspiré de la vie de l’auteur et de celle d’un de ses enfants, pluri-handicapé.

Commentaires

Alceste
jeu 24/11/2022 - 13:21

Ne pas apprécier cette pièce trahit un cruel manque de sensibilité tant la mise en scène est virtuose et l'incarnation magistrale.

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