Des Fleurs pour Algernon

De
Daniel Keyes
Gérald Sibleyras
Mise en scène
Anne Kessler
Avec
Grégory Gadebois
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Théâtre Hébertot
78bis, Boulevard des Batignolles
75017
Paris
01 43 87 23 23
21h15 (du mar au sam) 16h (sam) et 18h (dim)
Tarifs
13-39 €
Lu / Vu par Culture-Tops

Thème

Algernon est le nom d'une souris de laboratoire qui va subir avec Charles Gordon, un simple d'esprit, une opération chirurgicale leur permettant de tripler leur QI. Le roman culte de Daniel Keyes, paru en 1966, adapté par Gérald Sibleyras, devient une sorte de journal tenu par Charles qui raconte ses évolutions et ses transformations. C'est Grégory Gadebois, nommé en 2013 meilleur comédien au Palmarès du théâtre (succèdant aux Molières), qui reprend le formidable rôle de ce pauvre gars gentil et émouvant..

Points forts


1. L'acteur, Grégory Gadebois, ex-pensionnaire de la Comédie-Française, qui porte seul cette pièce difficile, est sensationnel. Assis sur un fauteuil de handicapé sans presque bouger, cet homme à la tête sympathique, se transforme devant nous avec une grande subtilité. Cela commence par le test de Rorschach devant lequel il ne voit rien... Mais il est fier d'être choisi par les médecins comme cobaye... "Ma motivation est grande", dit-il... 

Il est poignant. Avec ses gestes de mains et ses jeux de pieds, sa voix, son esprit, il évolue avec une douceur délicate et il va découvrir les bienfaits de l'intelligence. Son QI de 68 va dépasser les 200..."Maintenant que je vais devenir intelligent, il va falloir que je pense à des choses intéressantes"...

Mais sera-t-il plus heureux? Alors qu'il nettoyait les toilettes dans une usine, il devient salarié au laboratoire et étudie la courbe de Gauss, ou "courbe en cloche". Et à l'image de cette courbe, après avoir atteint le sommet, son intelligence va se dégrader, comme Algernon sur la tombe de laquelle il va déposer des fleurs. C'est particulièrement émouvant et d'une grande force.

2. La mise en scène d'Anne Kessler est simple et réussie: La scène ressemble à un studio de cinéma qui devient un laboratoire avec des montants en fer surmontés de lampes qui s'allument lorsque Charles est à l'hôpital. Le siège sur lequel il est assis se déplace de temps en temps, parfois de profil, parfois de dos. A travers le personnage de Charles, Anne Kessler injecte des sentiments forts sur l'innocence, l'amitié, l'identité et la solitude.

Quelques réserves

Cela aurait pu être un point faible, de passer une heure et demie avec un seul acteur sur scène, qui bouge à peine. Mais ce n'est pas le cas grâce au jeu prodigieux de Grégory Gadebois.

Encore un mot...

Précipitez-vous voir cette pièce remplie d'humanité.

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