Duc et pioche

Dialogue entre Madame de la Fayette et monsieur de La Rochefoucauld
De
Jean-Marie Besset
Mise en scène
Nicolas Vial
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de poche Montparnasse
75 Bd du Montparnasse
75006
Paris
01 45 44 50 21
Jusqu'au 30 octobre, du mardi au samedi à 19 heures Le dimanche à 17 heures 30

Thème

Dans un appartement parisien, vers la fin du XVIIème siècle, le duc de la Rochefoucault rend visite quotidiennement à son amie Madame de la Fayette, née Pioche. Celle-ci crée un nouveau roman  La princesse de Clèves  et le duc lui prodigue ses conseils avisés.

Points forts

  • Le langage châtié de l’époque, ses formules pleines d’humour et ses tournures extrêmement fluides. L’ensemble, loin d’être pédant, est un délice à écouter.
  • Les deux comédiens, dont le jeu est épatant, s’en donnent à cœur-joie et nous font partager leurs échanges courtois et néanmoins francs. Sabine Haudepin nous gratifie d’une diction parfaite et François-Eric Gendron, bien que l’âge venant, continue à porter beau, le bougre ! Nous suivons l’élaboration de ce nouveau roman avec bonheur.
  • Le sens de l’amitié entre ces deux personnages, poussé à l’extrême et autorisant les échanges contradictoires de ces derniers, fait ressortir leur complicité étonnante.
  • La mise en scène sobre et de bon aloi, comme les costumes d’ailleurs, contribue à donner à la pièce une cohérence d’époque remarquable.

Quelques réserves

Rien n’est tiède dans ce spectacle. Tout est plaisant !

Encore un mot...

Ce spectacle est un bijou de conversations pertinentes, exprimées dans un langage épuré par la voix des comédiens évoluant sur scène avec grâce, tout en nous informant de leurs soucis personnels comme des nouvelles des évènements de l’époque, l’ensemble avec un esprit exquis, un enchantement…

Une phrase

  • L’auteur résume en une phrase l’atout majeur de cette pièce : « la langue du XVIIème est la plus brillante de l’histoire de France. » L’esprit aussi.
  • A l’époque actuelle, écologique en diable, où tous ne jurent plus que par leur carré de verdure et de pâturage, ces propos sont divertissants :
    « Oui, c’est vrai, je me sens déplacée à la campagne.
  • « Je reste une femme des villes qui se trouve à la campagne.
  • « Les femmes qui vivent à la campagne ont quelque chose de placide et de serein que « j’envie. J’arrive là-bas avec ma tête de la rue de Vaugirard, mes soucis, mes amis, « mes tracas, mes intrigues, et me voilà échouée dans l’herbe. Je reste a tête « encombrée et Vaugirard est là toujours. On a beau me montrer le bol de lait, les « premières asperges, les fraises sauvages, les myosotis… Je continue de penser à « Port-Royal, et au sort du Surintendant des Finances, et au méchant Molière et au « divin Racine, et à mon fils qui fait des dettes, et au vôtre qui me faisait des « reproches. »

L'auteur

Rien ne prédisposait Jean-Marie Besset (novembre 1959 – Carcassonne) à se diriger vers le théâtre (ESSEC, IEP de Paris). Pourtant, dès 1986, il s’oriente vers cette spécialité. Il y occupera d’ailleurs des fonctions interchangeables : auteur, traducteur, interprète. Ancien directeur du Théâtre de l’Atelier et du Théâtre des Treize-Vents, fondateur du prix Beaubourg, il est l’auteur d’une trentaine de pièces. Il a reçu le Molière de de la meilleure adaptation en 1999 pour Copenhague André Téchiné a signé un film la fille du RER, et Robert Salis a tourné Grande Ecole d’après ses pièces éponymes. Le confinement lui a donné l’occasion de tourner deux films, Mister Paul (2020) et La fille et le garçon (2021).

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