Eugénie

Fantasque, comique, cruel et poétique: du théâtre uppercut
De
Come de Bellescize
Avec
Philippe Berodot, Jonathan Cohen, Eléonore Joncquez et Estelle Meyer
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre du Rond Point
2 bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
75008
Paris
0144959821
ATTENTION: dernière, le 13 décembre

Thème

Le dilemme d’un jeune couple, Sam et Sarah, devant décider de garder ou non un enfant qui risque de  naître anormal est  prétexte à montrer les interrogations de chacun par rapport à sa vie, sa place, ses fantasmes et sa propre réponse à la question posée :  dans la société d’aujourd’hui un enfant différent sera-t-il heureux, juste protégé par l’amour viscéral de sa mère. Egoïsme, Amour, faiblesse, naïveté, cruauté,  sont ici traités avec humour et une poésie rocambolesque mettant en lumière le vide laissé par l’abandon d’un certain sens moral,; d’où des dérives par rapport à l’éthique. 

Points forts

. Un texte fort sur un sujet sensible mais qui semble se rire de tout et qui tel un uppercut va droit au but; ou comme  un jeu par  métaphores, vous entraîne avec plus de poésie au même point.

. Une mise en scène qui joue aussi sur les deux tableaux, entre réalisme et fantasmagorie.
On est un peu dans une bande dessinée, presque un mime. Un côté irréel qui permet de cacher la cruauté et les méandres inhérents de la décision finale.

. Le jeu des acteurs, dont certains interprètent plusieurs personnages, est excellent:
    - Eleonore Joncquez campe une Sarah, tour à tour, drôle, émouvante, et surtout très juste.
    - Jonhathan Cohen joue sur tous les registres, aussi crédible en père paumé que dans une scène inouie  où il se projette en plein conte pour donner toute la poésie indispensable à un acte de paternité aseptisée.

. Entre ordre et chaos, le spectateur est ébranlé; et l’ émotion palpable, dans la scène finale, dramatique, violente, fait qu’on ne sort pas indemne, même si l’improbable arrive, le calme aussi. Un final parfaitement réussi.

Quelques réserves

. Une scène qui heurte: celle de l’attaque policière, qui impose le désordre à la place de l’ordre, comme opposer Mondrian et Pollock; et que l’on ne comprend que plus tard. Le choix entre ordre et chaos: les autorités ont-elles leur mot à dire  dans une décision si personnelle ?

. Le jeu trop outré d'Estelle Meyer, dans la violence de la future « grand mère »; mais qui est par contre merveilleuse dans la douceur, devant l’enfant à naître. Elle est alors, une Eugenie touchante et bouleversante.
 

Encore un mot...

Un sujet difficile: dans un monde sans repère, y a-t-il de la place pour le handicap ? Traité d’une façon très contemporaine, ce conte se développe crescendo. Fantasque, comique, cruel et poétique.

Une phrase

"Il n’y a qu’en Mondrian qu’on puisse avoir confiance. Des droites, des couleurs primaires sur un fond blanc. C’est tout et c’est déjà énorme. Le nombre de combinaisons possibles est infini, et l’infini est suffisamment inquiétant pour qu’on se mette à chercher ailleurs. "

L'auteur

Obsédé par les dérives de notre monde actuel, Côme de Bellescise , auteur et metteur en scène, né en 1980, aborde dans son théâtre des thèmes comme: l’euthanasie, en 2012, avec Amédée; ou, auparavant , avec ‘les Errants,’ écrit en 2004, celui des laissés pour compte et celui  du gaspillage dans notre société. Il aime traiter les détours de l’âme humaine, dirigée par ses propres fantasmes, face à des dilemmes éthiques.  
Il a créée la Compagnie du Théâtre du Fracas, avec Vincent Joncquez. Il met en scène ses propre pièces de théâtre, mais aussi des Opéras classiques ou contemporains. 

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