Garde barrière et garde fous

Une tristesse intime et contagieuse
D’après l’émission ‘Les pieds sur terre’ par Sonia Kronlund de France Culture : Monique garde barrière, reportage d’Olivier Minot (2008) et Les travailleurs de l’ombre II : Garde-fous, jusqu’au bout de la nuit, reportage d’Elodie Maillot (2007)
Mise en scène
Jean-Louis Benoit
Avec
Léna Bréban
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre de L'Aquarium, La Cartoucherie
01.43.74.99.61
ATTENTION: dernière représentation, le 26 mars.

Thème

Myriam travaille de nuit, Monique de jour. Myriam, toujours en mouvement, est entourée de patients, tandis que Monique, seule dans sa guérite, est assise toute la journée en attendant le passage des trains et la fin de sa permanence. Myriam sait qu'il y aura toujours plus de malades, les uns succédant aux autres, tandis que Myriam, résignée, attend depuis des années la fin des barrières manuelles, le passage au tout-automatique. Myriam est garde malade dans un hôpital psychiatrique, Monique est garde barrière de la SNCF. Tout les oppose mais leur solitude les réunit. C'est leurs paroles, leur quotidien, leurs difficultés qu'elles partagent avec nous dans ce spectacle.

Points forts

- Une belle performance de Léna Bréban qui semble véritablement habitée par chacune de ces deux femmes qu'elle incarne sur scène. Seule, avec en arrière-plan des images de voie ferrée ou de malades, elle parvient à nous faire saisir avec force et justesse le quotidien de l'une comme de l'autre. 

- La pièce en deux parties presque symétriques nous révèle deux réalités à la fois très différentes et très proches. Ces témoignages sous forme de monologues nous permettent de découvrir des métiers essentiels à notre société mais pourtant peu reconnus, et peu gratifiants alors qu'ils conditionnent fortement la vie de ces deux femmes dont l'existence personnelle s'ancre autour de leurs horaires difficiles.

Quelques réserves

- Je n'ai pas du tout aimé les courtes vidéos de visages de malades qui m'ont gênée, dérangée, me donnant presque une impression de voyeurisme.

- Ce spectacle nous parle de l'humain avec un grand H, de vies entremêlées et empreintes d'une certaine noblesse, et pourtant je n'ai pas accroché alors même que ces deux femmes incarnées m'ont touchée... C'est peut-être parce qu'il ne me semble pas normal que ces métiers, qu'elles exercent avec tout leur cœur, ne leur donnent pas plus de reconnaissance. Mais je crois que c'est surtout parce que leurs récits de vie empreints de leur solitude, sont tristes, presque glauques...Je suis donc ressortie de cette pièce avec ce ressenti de tristesse qui ne disparaît pas tout de suite car, ici, ce n'est pas de la fiction. 

Encore un mot...

Un spectacle proche du documentaire, mais sous sa forme théâtrale, qui est intéressant et touchant. Mais il ne faut pas venir y chercher un moment de rires et de légèreté. 

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