LA–BAS, DE L’AUTRE COTE DE L’EAU

QUAND LE THEATRE LIBERE LA PAROLE
De
Pierre-Olivier Scotto (avec le regard complice de Xavier Lemaire).
Mise en scène
Xavier Lemaire
Avec
Isabelle Andréani, Kamel Isker, Noémie Branco, Hugo Lebreton, Chloé Forget, Patrick Jouglas, Teddy Melis, Laurent Letellier, Patrick Chayriguès, Alexis Moncorgé, Julien Urrutia….
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Théâtre La Bruyère
5 rue La Bruyère
75009
Paris
01 48 74 76 99

Thème

• C’est une histoire d’amour entre deux jeunes gens que tout sépare, sauf leur beauté et leur attachement à leur terre de naissance ou d’adoption, cette terre ensoleillée d’outre-Méditerranée, cadre d’une guerre fratricide et de drames civilisationnels ou familiaux, entre 1956 et 1962. 

• Amour impossible, amour coupable, amour destructeur mais amour indestructible ! Cette saga familiale se déroule sur fond de guerre d’Algérie, avec son décor de folklore pied noir, de volte-face politiques, d’attentats aveugles, de désarroi des « appelés », de rébellion d’un “quarteron de généraux en retraite“,  jusqu’à la photo finale sur le quai du port d’Alger. Toute une époque de nostalgie, de renoncements et de déchirements conduisant à l’ultime adieu. Il ne restait donc plus qu’à choisir : « La valise ou le cercueil » !!

• Mais ne nous y trompons pas, cette pièce est gaie. Entre la vie et la mort,  elle « joue » la vie.

Points forts

• Le rôle assez extraordinaire incarné par Isabelle Andréani, solaire, plus vraie que nature, jouant le personnage central de Marthe, la patronne énergique et attachante jusqu’à la caricature et mère intraitable mais si sensible de France, sa fille ainée, amoureuse de Mokhtar, jeune algérien de souche ; le charme et la passion dévorante qui anime Mokhtar qui partira dans les rangs clandestins du FLN. • Tous les personnages sont à l’unisson, à l’instar de Roger Ramirez le voisin, commerçant à la casquette et « avé l’assent », ami fidèle de Marthe ou de Jean Paul, interprété par Hugo Lebreton, athlète des planches et soldat a la voix d’or.

. Le montage en fond d’écran d’images et de vues d’archives : des documents historiques surprenants et émouvants.   

• L’atmosphère : « Comme là-bas… », avec son lot de couleurs, de chansons, de passions bien sûr.

• Toutes les références archétypales d’interprétation (Marthe Mercadier, Enrico Macias) ou d’atmosphères sont revues, actualisées, voire dépassées.

Quelques réserves

• Cette pièce de mémoire, pur spectacle vivant, pourra paraître datée à certains parmi les plus jeunes d’entre nous. Nous les incitons néanmoins à aller prendre le soleil « là-bas », au théâtre La Bruyère.  • Un témoignage remarquable et équilibré d’une tranche d’histoire de part et d’autre de la Méditerranée - dont nous subissons les séquelles encore aujourd’hui - les y attend.

Encore un mot...

• Cette fresque épique, au cœur d’une histoire familiale et d’un drame national, possède un souffle énorme et une résonance particulière dans notre conscience collective. 

• Elle est servie par une mise scène époustouflante du metteur en scène des Coquelicots des tranchées, Xavier Lemaire (Molière 2015 meilleur spectacle théâtre public).

Une phrase

 Lettre de Mokhtar à France,  sa bien-aimée : « Ça me fait toujours bizarre d’accoler mon amour et ma France… pays que je combats. Mais j’aime ton prénom quand je déteste de plus en plus ton pays. Ce sera certainement ma dernière lettre avant longtemps. Je rentre en clandestinité. Et, au lieu de remplir cette page d’arguments qui te paraitraient trop intellectuels, et trop politiques, je vais te conter une histoire. Les histoires, tu les ressens, et dans ton futur métier de comédienne, tu passeras tes soirées à en raconter. Mais les histoires, au théâtre, sont écrites pour de faux. Une fois le rideau baissé, on sait bien que Desdémone morte va se relever, et embrasser à nouveau Othello. » 

L'auteur

Pierre-Olivier Scotto est comédien, metteur en scène et auteur. Après le Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique, il intègre la Comédie Française pendant cinq années, puis crée  sa propre compagnie, le “Théâtre de l’Escalier d’Or“. Sa première pièce Le Mal de Mère, mise en scène par Françoise Seigner qu’il interprétera avec Tsilla Chelton, sera jouée plus de 400 fois à Paris et en province et obtiendra trois nominations aux Molières. Sa deuxième œuvre, Le Ciel est égoïste, est jouée au Théâtre du Palais Royal cinq mois durant. Il enchaine avec Faux Frères, mis en scène par Martine Feldmann, au théâtre du Ranelagh puis au Festival d’Avignon (2001) et au Petit Théâtre de Paris. 

• Entre 2003 et 2010, Scotto crée 4 pièces : La Belle mémoire (Théâtre Hébertot, 3 nominations aux Molières) Jeux d’rôles au théâtre Marigny puis Coach au théâtre Saint Georges et enfin Battements d’Elles, un seul en scène au Ciné 13.                                                                                                                                    • Il a joué aussi au cinéma notamment aux côtés de Thierry Lhermitte et de Pascal Bouchitey dans Le Roman de Lulu qu’il a lui-même réalisé ; P-O. Scotto est chevalier des Arts et des Lettres.

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