On l’a fait
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Thème
On l’a fait ! raconte l’affaire LIP de 1973 à travers le regard de quatre ouvrières. Entre lutte sociale, émancipation féminine et humour corrosif, une page d’histoire devient le théâtre d’une révolution intime et collective.
Besançon, 1973. L’usine horlogère LIP, fleuron de l’industrie française, annonce un vaste plan social. Face aux menaces qui pèsent sur leurs emplois, les salariés se mobilisent. Mais les négociations avec la direction s’enlisent. Alors, pour inverser un rapport de force qui semble défavorable, une décision spectaculaire est prise : s’emparer des 30 000 montres entreposées dans les stocks.
C’est dans ce contexte que On l’a fait ! nous entraîne aux côtés de Françoise, Jeannette, Monique et Suzanne, quatre ouvrières dont les trajectoires vont être bouleversées par le mouvement. Sur près d’un an, la pièce raconte comment une lutte pour conserver son emploi devient aussi une conquête de soi.
Points forts
Caroline Denis ne cherche pas à embrasser toute l’histoire de LIP. Elle préfère resserrer la focale sur ces quatre femmes, leurs interrogations, leurs désaccords et leurs prises de conscience. La grande Histoire se raconte ainsi à hauteur d’atelier, dans le quotidien de celles qui fabriquent les montres sans toujours avoir voix au chapitre.
La pièce fait entendre la voix des femmes dans un mouvement ouvrier souvent raconté à travers ses figures masculines. À mesure que les ouvrières s’organisent et désobéissent, elles découvrent qu’elles peuvent aussi remettre en question la place qui leur est assignée dans la société.
Le recours, avec un humour corrosif, à des séquences télévisées mettent en lumière les biais médiatiques de l’époque face aux femmes qui osent prendre la parole. Le rire devient alors un outil critique, révélant les mécanismes de condescendance et les réflexes d’un monde encore peu disposé à entendre les revendications féminines.
Les quatre “établis“ d’atelier, habillés de gabardine bleue rappelant les bleus de travail, constituent le point de départ d’un espace qui se métamorphose progressivement. Banderoles, affiches et radio viennent investir les lieux. L’usine cesse d’être seulement un espace de production pour devenir un espace de lutte et d’appropriation collective.
Le spectacle s’inscrit dans une actualité qui dépasse largement son ancrage historique : comment résister à une décision jugée injuste ? Comment faire collectif lorsque tout semble joué d’avance ? Autant de questions qui résonnent encore dans le monde du travail.
Quelques réserves
- Pas de réserve.
Encore un mot...
- Un petit théâtre de quartier, une salle pleine, un spectacle avec peu de moyens mais beaucoup de talent d’écriture et de mise en scène, quatre magnifiques comédiennes pour un spectacle engagé, passionnant, enrichissant … C’est la magie du théâtre.
Une phrase
- « Parce qu’à condition de le secouer un peu, le passé peut devenir un terrain de jeu fantastique. »
L'auteur
Caroline Denis, autrice de la pièce et interprète de Françoise, a d’abord étudié le droit avant de devenir directrice d’EHPAD pendant quatre ans.
Revenue au théâtre en 2018, elle intègre l’école d’art dramatique Jean-Périmony en 2020. Elle y rencontre Angèle Damême, avec laquelle elle fonde la compagnie Sixième Gauche. Après Un an avant 92, créé en 2024, elle écrit On l’a fait ! en 2025.
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