Thêatre-Spectacles

L'Aide-Mémoire

De Jean-Claude Carrière
Mise en scène : Ladislas Chollat
Avec Sandrine Bonnaire et Pascal Gregory

Infos & réservation

Théâtre de l'Atelier
1 Place Charles Dullin
75018 Paris
Tél. : 0146064924
http://www.theatre-atelier.com
du mardi au samedi à 21H. matinée, dimanche à 16H

Lu / Vu par

Jacques Paugam
Publié le 10 avr . 2014

Recommandation

2,0A la rigueurA la rigueur

A la double condition exprimée plus haut.

Thème

La rencontre entre une femme libre et sans attaches et un collectionneur d'aventures, qui à la manière du Dom Juan de Molière n'a d'autre projet avec les femmes que de les séduire. Trois jours et deux nuits pour commencer à se connaître et tenter d'apprendre à s'aimer.

Points forts

1 Sandrine Bonnaire est étonnante d'aisance dans le personnage de cette femme bordélique et drôle mais, aussi, autoritaire même si elle ne sait pas vraiment ce qu'elle veut, si ce n'est de profiter de tout le monde sans se donner vraiment à personne.

2 Certains trouveront Pascal Grégory un peu trop raide et un peu vieux dans ce rôle de grand séducteur épris d'ordre, mais il a le grand mérite de faire percevoir ce que cette pièce peut avoir de grave, entre autres sur le thème de la difficulté à aimer, de la peur même d'aimer.
 

Il nous fait ainsi vivre deux moments très forts : lorsqu'il raconte sa prise de conscience de la vacuité de sa démarche de "collectionneur"; et la séquence de fin, quand, ayant tout sacrifié pour cette femme qu'il aime désormais passionnément, il prend l'ascenseur en silence et s'en va.
 

Points faibles

1 Le grand hic, c'est qu'on assiste à cette confrontation avec une attention polie et parfois intéressée mais en étant presque jamais tout à fait là, à deux ou trois moments près (cf. plus haut). Alors pourquoi ?

On peut chipoter, à juste titre probablement, sur l'adéquation du couple. Mais l'essentiel, à mon sens, n'est pas là, il est à chercher dans le texte même de la pièce. Une pièce qui, au fond, a mal vieilli. Elle sent ses années 65-80, à travers le recours à un mystère bien souvent artificiel et à la constitution d'un univers assez glauque.
En voyant cet "Aide-Mémoire", je pensais à cette mauvaise pièce de Pinter - pourquoi ne pas le dire, tout Prix Nobel qu'il ait été ?-, "L'Anniversaire", pièce encore plus glauque et au mystère encore plus artificiel.

2 Ce qui n'arrange rien, c'est le décor, affreux et oppressant, qui plombe constamment l'atmosphère. Un décor pléonasme de tortures profondes mais qui rend, par moments, le tout peu supportable.
 

En deux mots ...

N'allez pas voir cette pièce si vous cherchez une comédie légère. Il y aura erreur sur la marchandise. Par contre, vous pouvez y aller si vous pouvez être sensible à une réflexion en demi-teinte sur la solitude des êtres, leur complexité, leur peur de l'autre. Avec cette envolée finale sur le don absolu de soi qui, en l'occurrence, risque fort de rester sans retour.

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