L’avenir des reflets

Un spectacle long et ennuyeux qui se perd dans ses propres méandres narratifs sans grande originalité…
De
Lazare
Durée : 3h10
Mise en scène
Lazare
Avec
Anne Baudoux, Ava Baya, Jérôme Billy, Myrtille Hetzel, Denis Lavant, Marion Malenfant, Pierre Thionois, Gabriel Tur, et les musiciens Myrtille Hetzel (violoncelle), Myrtille Hetzel et Jérôme Billy (piano), Gabriel Tur (batterie) et Nicolas Testa (basse)
Notre recommandation
2/5

Infos & réservation

Théâtre de la Colline
15, rue Malte Brun
75020
Paris
01 44 62 52 52
Jusqu’ au 20 juin, du mardi au samedi à 19h30

Thème

  • Lazare poursuit son “théâtre de l’incandescence“ avec L’Avenir des reflets, vaste fresque poétique et politique, où les mythes antiques croisent les ombres de la Révolution française. Gorgone, Persée, Marat, Olympe de Gouges : chez Lazare, les figures historiques ne sont jamais des statues de musée, elles reviennent sur scène comme des revenants familiers, chargés d’interroger notre époque et ses impasses.

  • Vous l’aurez compris, le spectacle est difficile à résumer, qui explore la mémoire collective comme une matière mouvante. Le passé n’est pas raconté, il hante le présent. Lazare compose ainsi une « comédie du mauvais sang », selon le titre du nouveau cycle qu’il inaugure, nourrie de visions, de chants, de fantômes et de fragments poétiques. 

  • Le spectacle interroge surtout la possibilité d’un avenir : que reste-t-il des grandes espérances révolutionnaires ? Comment continuer à croire au collectif dans une époque désenchantée ? À travers cette traversée fiévreuse de l’Histoire, Lazare refuse le cynisme. Il oppose à la fatigue contemporaine un théâtre du souffle et de la ferveur.

Points forts

  • L’Avenir des reflets est un projet ambitieux. Peu de metteurs en scène osent aujourd’hui des formes aussi vastes, aussi lyriques, aussi intensément littéraires. Lazare travaille la scène comme un poème vivant, où le texte, la musique et les corps avancent ensemble dans une même pulsation. 

  • La troupe se démène physiquement pour pallier le manque d’originalité du propos. La présence de Denis Lavant incarnant Marat, et la prestation d’Ava Baya en Olympe de Gouges, procurent les rares moments émotionnellement forts du spectacle.

Quelques réserves

  • La tentative de Lazre de faire dialoguer érudition et émotion échoue malheureusement en raison de la grande faiblesse du texte : on reste en permanence à la surface des idées, exprimées de façon banale et superficielle. Cette platitude innerve le discours de l’auteur, formulé avec une trop grande banalité.

  • Avec une durée avoisinant les trois heures, la fresque manque de souffle et les tableaux semblent s’étirer jusqu’à l’épuisement. Passé le « les riches exploitent les pauvres », le propos manque de fond et souffre de l’absence de proposition et de dramaturgie, et c’est probablement ce qui incite de nombreux spectateurs à quitter la salle …

Encore un mot...

  • L’Avenir des reflets fait l’audacieux pari de proposer une fresque aussi riche, mais là où l’auteur avait précédemment réussi à donner du sens et une âme à ses spectacles, il échoue ici à partager sa vision du monde et transforme en gâchis des moyens artistiques et financiers assez conséquents.

Une phrase

  • « Je ne cherche pas à établir des parallèles mécaniques entre hier et aujourd’hui. Ce qui m’importe davantage, ce sont les résonances, les lignes de persistance, les reflets. Ces figures du passé continuent de nous regarder ; elles interrogent notre rapport à la parole publique, à la presse, à la conflictualité démocratique, au désir de transformation. »

L'auteur

  • Lazare, né en 1975 à Fontenay-aux-Roses, est auteur, metteur en scène et acteur. Formé au Théâtre du Fil puis à l’École du Théâtre National de Bretagne dirigée par Stanislas Nordey, il fonde la compagnie Vita Nova en 2006.

  • Son travail développe un théâtre poétique mêlant autobiographie, politique, musique et visions oniriques.

  • Depuis plusieurs années, il s’impose comme une voix singulière du théâtre français contemporain, construisant des spectacles où la mémoire intime rejoint l’histoire collective.

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