Le Corps de mon père

Une ode émouvante et tendre à la figure paternelle
De
Michel Onfray
Mise en scène
Bernard Saint Omer
Avec
Bernard Saint Omer
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de l'Essaïon
6 rue Pierre au Lard
75004
Paris
0142784642
ATTENTION : dernière représentation le 1er novembre: Uniquement les lundi et mardi à 21h30

Thème

Le texte est un hommage à un père aimé, pauvre en bien et riche de cœur, qui travaille dur pour payer les études de son fils, sans se plaindre, sans faiblir. Taciturne à l’extrême, avare de compliments, physiquement imposant, c’est un roc sur quoi s’appuie une famille dans les joies et les tempêtes. Onfray en dresse un portrait émouvant, drôle souvent, jamais lourd. Quand il a mis tout cela en scène, Bernard Saint Omer n’a pas changé un mot.

Points forts

« Que reste-il à jouer quand tout est dit ? » C’est le dilemme de l’acteur confronté à un texte qui pourrait se suffire à lui-même. Saint Omer le résout par une mise en scène originale. Seul, dans un décor prolétaire chargé d’objets utilitaires, à la fois lieu de travail et de vie, il accompagne son monologue de choses à voir et à sentir. Tout en parlant, il pétrit la pâte, fait cuire le pain qu’il offre aux spectateurs (n’hésitez pas, il est excellent...), travaille le fer, se change, range, se lave. Il est à la fois Onfray qui raconte et le père admiré, à l’ouvrage dans cet univers modeste mais jamais laid. Observez le décor : Saint Omer est aussi sculpteur et les « objets utilitaires » qu’il manie sont ses œuvres ; l’atmosphère singulière ainsi créée est une réussite.

Quelques réserves

Les premières secondes, au lever de rideau, sont carrément surprenantes. On se dit que c’est mal parti, mais heureusement, on a tort…

Encore un mot...

Michel Onfray n’a pas vu la pièce. Le souvenir de son père est trop vif, la blessure de sa disparition, il y a quelques années, trop douloureuse. Il a simplement donné son accord de principe, laissant carte blanche à l’acteur-metteur en scène.

Une phrase

« Dans le monde où mon enfance se déplia, la tendresse ne se disait pas, ni par les mots ni par les gestes… »

L'auteur

La pièce est bâtie sur un texte autobiographique publié en 1996 par le philosophe Michel Onfray dans son « Journal hédoniste ». L’auteur du très controversé « Traité d’athéologie » y évoque son enfance en famille (il est né en 1959 dans l’Orne) et les prémices de révolte que suscite la condition sociale de ses parents (un père ouvrier agricole, une mère femme de ménage). Son engagement politique à l’extrême-gauche, son athéisme nietzschéen, sa philosophie hédoniste, quasi-dyonisiaque, puisent là leur source.

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