Les enfants du Diable
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Thème
Un huis clos, la nuit. La nuit d’une dictature folle, ubuesque, dont le souvenir - la chute sanglante du couple Ceausescu fin 1989 - déchire le temps, ronge encore le cœur de Veronica et de son frère Niki.
Un frère et une sœur que le destin a séparés :
lui a grandi mouroirs entouré d’excréments et de morve dans ces orphelinats, parmi ces enfants-squelettes qualifiés par le régime d’« irrécupérables » (une loi ayant même permis d’officialiser l’abandon d’enfants par leurs parents, puisque trop de bouches à nourrir à cette époque de famine généralisée), avec pour résultat plus de 100 000 enfants en déshérence...
Veronica, en apparence, a eu plus de chance : adoptée par une famille française, elle est devenue une star de la chanson.
Mais un soir d’ hiver, vingt ans après l’avoir quitté, elle vient sonner à la porte de son frère. La neige est sale et grise, la morsure du froid ravive les douleurs anciennes, les traumatismes enfouis. Seul dans son salon, Niki tourne en rond, ressasse son passé, dialogue avec le fantôme de Mirela, l’autre petite sœur de la fratrie, disparue prématurément.
Nikki finit par ouvrir la porte, mais son accueil est glacial :
« Que fais-tu là ? Tu as grossi ? »
« Je suis enceinte » répond Veronica.
Comment, dès lors, recoudre la déchirure, surmonter ce passé qui ne passe pas, reconstruire un lien fraternel, et surtout que faire de ce futur bébé ?
Points forts
Un texte fort, émouvant qui se d,éploie sur une corde tendue, mais parvient à éviter les faux pas. Quelques images d’ archives au début du spectacle tournées dans ces mouroirs peuplés d’« enfants du diable », pour évoquer ces vies brisées sans s’ appesantir, avec pudeur.
Des moments de dérision bienvenus, lorsque Veronica et son frère singent le couple Ceausescu, entre farce grotesque et philosophie de l’ absurde.
Quelques réserves
- Un ton proche du pathos parfois qui peut gêner...
Encore un mot...
Reporter en Roumanie dans les années 1990, j’ai pu découvrir cette sinistre réalité des mouroirs d’enfants, grâce à des ONG, comme Équilibre à Lyon. Saluons le travail admirable que celui de ces médecins et travailleurs humanitaires, au plus près de notre commune humanité.
Clémence Baron a raison de nous rappeler que « toute ressemblance avec des faits réels n’est ni pure ni fortuite coïncidence. »
Une phrase
- “ Se balancer c’ est rester en mouvement, rester en mouvement, c’ est vivre. “
L'auteur
- Clémence Baron est comédienne, humoriste, metteuse en scène et autrice. En 2020 elle fonde la Compagnie La Baronnerie, avec laquelle elle va pouvoir jouer ses propres textes.
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