Les Misérables

La quintessence du spectacle vivant : tout y est !
D'après Victor Hugo
Adaptation et mise en scène : Manon Montel
Avec
Avec Sacha Petronijevic, Thomas Willaime, Ambre Rochard, Léo Paget, Manon Montel, Claire Faurot, Roch-Antoine Albaladejo, Jean-Baptiste des Boscs, Jonas Battello, Alain Guillo (musique et composition : Jean-Baptiste des Boscs
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre Hébertot
78bis bd des Batignolles
75017
Paris
01 43 87 23 23
Jusqu’au 18 avril 2026 : mercredi 21h et samedi 16h puis du 23 avril au 31 mai : jeudi, vendredi, samedi 21h et dimanche 17h 30

Thème

  • L’histoire, ou plutôt l’épopée (de Jean Valjean), est connue. Rappelons en les points forts, ceux qui se déroulent sous nos yeux, dans la forme épique et spectaculaire voulue par la talentueuse Manon Montel sur les planches du théâtre Hébertot : 

  • Jean Valjean donc, vient d’être libéré du bagne où il a purgé une peine de 19 ans pour un menu larcin (vol d’un pain !). Nous le retrouvons au domicile de Monseigneur Bienvenu Myriel, évêque de Digne, où il dérobe quelques belles pièces d’argenterie. Repris, il sera pardonné par monseigneur « Bienvenu ». 

  • Jean Valjean va alors s’amender mais, suite à un malentendu, il risque d’être repris et poursuivi lourdement pour récidive. Il s’enfuit alors et, sous un faux nom, entame une deuxième vie de maire de sa petite ville de Montreuil-sur-mer, où il va devenir un industriel prospère dans la bijouterie. 

  • Il rencontre Fantine qui a confié sa fille Cosette à la famille Thénardier. Valjean tient sa promesse et arrache Cosette aux griffes rapaces des Thénardier. 

  • Tout serait (presque) parfait dans le meilleur des mondes si le policier Javert, fin limier, ne pistait pas Valjean avec une seule obsession : le retrouver pour le mettre aux fers !

Points forts

  • Les discours et commentaires de madame Thénardier, qui arbore une double casquette : outre son activité de tenancière, elle endosse avec brio et conviction, un humour et un franc- parler mordants le rôle de “monsieur Loyal“, déroulant le fil rouge de cette épopée.

  • D’entrée de jeu, le spectateur est plongé dans une fresque humaine colorée et bouleversante. L’émotion nous gagne à chaque tableau, porté par le jeu de personnages hauts en couleurs comme Javert et Valjean, ou pleins de charme, comme Cosette devenue une jeune femme irrésistible de grâce et d’ingénuité, notamment dans la dernière partie du spectacle. Gavroche nous touche aussi du haut des barricades dont la séquence réaliste de la deuxième  balle… mortelle.

  • C’est un vrai direct : dix personnages restituent l’atmosphère et la misère qui régnaient à Paris au début du 19e siècle.

  • Saluons enfin la création musicale de  Jean-Baptiste des Bocs, qui confère rythme et couleurs à cette fresque épique. La musique joue un rôle essentiel  comme amplificateur des évènements dramatiques et des sentiments exacerbés d’amour de vengeance.  

Quelques réserves

  • Il n’y en a guère, car c’est déjà une performance d’avoir su renouveler l’intérêt sans nuire à l’intrigue. 

  • Pourtant, quelques coupures ou raccourcis sont dommageables, ainsi les scènes du couvent de Picpus qui devraient réintroduire du calme et de la sérénité sont trop réduites voire édulcorées. Nul (spectacle) n’est parfait.

Encore un mot...

  • C’est au prix d’un véritable tout de force que Manon Montel a su monter ce spectacle puissant, inspiré fidèlement de l’œuvre  de 2000 pages de Victor Hugo, depuis la campagne de Waterloo en 1815 jusqu’aux barricades parisiennes de 1832 !

Une phrase

  • Jean Valjean [à Javert] : « L’homme que vous recherchez,  ce n’est pas lui, c’est moi ! Je suis Jean Valjean. »

  • « Et comment s’appelle-t-elle ? Elle s’appelle Cosette; et elle a des yeux, mais des yeux ! les yeux ? C’est bien, c’est bien commode ! »

L'auteur

  • Sur notre génie national, tout a été dit ou presque. Rappelons simplement que ces Misérables sont presque, osons le dire, le fruit du hasard. Victor Hugo était déjà parti,  banni à Guernesey, lorsque Juliette Drouet vint le rejoindre en 1860 avec dans ses bagages un vieux manuscrit oublié de 1845, intitulé les Misères. Au même moment, Eugène Sue faisait paraître ses Mystères de Paris, dont le succès avait sans doute dissuadé Victor Hugo d’aller plus avant, même si la lecture des Misérables montre qu’il s’en est largement inspiré (Fleur de Marie et Cosette)…

  • Mais en 1860, Victor Hugo, ex-Pair de France devenu républicain au fil du temps, en reprend l’écriture et rajoute un sous-titre évocateur et de circonstance : Le proscrit.  Deux ans  plus tard, en 1862, les cinq volumes des Misérables sortaient de l’imprimerie et allaient connaître un succès qui ne se démentirait plus jusqu’à nos jours.

 

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