Les Sœurs Tatin

Une vie à la Tchekhov inspirée des Trois Sœurs
De
Laetitia Gonzalbes
Durée : 1h10
Mise en scène
Laetitia Gonzalbes
Avec
Roxane Le Texier et Anaïs Yasit
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de la Contrescarpe
5 rue Blainville
75005
Paris
01 42 01 81 88
Du 8 septembre au 30 novembre 2021, du mercredi au vendredi à 19h, samedis et dimanches à 18h30
Lu / Vu par

Thème

• La pièce est une transposition des Trois sœurs de Tchekov à la vie des deux sœurs Tatin.

• Les thèmes, les personnages, les phrases sont entremêlés. Les deux sœurs Tatin, Stéphanie et Caroline, ont perdu leurs parents et rêvent de quitter l’auberge qu’ils leur ont laissée pour s’installer à Paris et y mener une autre vie. Tantôt Stéphanie est seule après la mort de sa sœur, tantôt elles sont jeunes toutes les deux : elles travaillent, elles font des tartes, elles accueillent les clients, elles philosophent, et la vie passe ainsi, lentement, au milieu des souvenirs, des danses et des chansons. La fameuse tarte Tatin constitue une sorte de sommet qui les projette vers l’avenir.

Points forts

1)     Ce qui frappe en premier, c’est l’originalité de la démarche. Le texte est appuyé sur celui de Tchekhov, les sœurs Tatin sont deux et non trois comme chez le dramaturge russe, mais comme elles, elles rêvent d’aller à Paris, au lieu de Moscou, elles parlent, elles voient le temps qui passe lentement, elles réfléchissent sur l’amour, la vie et la mort.

2)     La rédaction du texte d’après Tchekov est remarquable et le jeu des actrices de grande qualité.

3)     La pièce entremêle du texte, des chansons de l’époque (Le temps des cerises, Plaisir d’amour…), des danses et des videos qui montrent les clients de l’auberge.

4)     Le temps est marqué symboliquement par Stéphanie dans un grand fauteuil couverte d’un grand châle blanc quand elle a 74 ans, et par les deux sœurs jeunes en robes blanches et jupons de couleur.

5)     La pièce est pleine de gaieté et en même temps de tristesse, ce qui correspond bien à l’atmosphère des pièces russes de cette époque.

6)     L’utilisation de la video permet de coller davantage au texte de Tchekhov en introduisant plus de personnages.

Quelques réserves

1)     Malgré l’excellence de l’entreprise, on peut parfois se sentir un peu perdu dans l’accumulation et les emboîtements entre temps passés, présents, voire dans l’au-delà à la fin de la pièce. Au début de la représentation, on se demandait même où la pièce voulait en venir.

2)     Sans être une réserve à proprement parler, on peut se demander si l’on perçoit la pièce différemment quand on a relu celle de Tchékhov, ce que j’avais fait par acquis de conscience.

Encore un mot...

C’est un plaisir de l’esprit qui permet, la première surprise passée, de se mettre au rythme de la campagne russe ou de la province française.

Une phrase

« Quand on n’a pas de vraie vie, on vit de mirages. C’est mieux que rien. » [Phrase de Tchekhov dans Oncle Vania, que prononce Stéphanie en l’ouverture de la pièce moderne].

L'auteur

• Laetitia Gonzalbes a créé et mis en scène cette pièce d’après  Les Trois Sœurs de Tchekhov.

• À la fois actrice, metteur en scène, danseuse, modèle, on lui doit une adaptation d’Anna Karénine de Léon Tolstoï et Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde.

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