L'Esprit Matière

Une belle rencontre: il ne fallait pas avoir froid aux yeux...
De
André Daleux et Jean Quercy
d’après l’œuvre de Pierre Teilhard de Chardin et le livre de Joseph Boyden « Là-haut dans le Nord »
Mise en scène
Jean Quercy
Avec
Brigitte Damiens et Eric Auvray.

Accompagnement musical : Carlos Bernardo Carneiro

Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre de Nesle
8, rue de Nesle
75006
Paris
0146346104
Jusqu'au 24 mars: Les mardis à 19h et les samedis à 16 h.

Thème

Il est physicien, athée, séparé de sa femme amérindienne. Il rentre d’un long voyage chez les Crees, indiens, animistes qui vivent principalement dans le grand nord canadien, au bord de la baie d’Hudson.

Elle est son médecin, oncologue, marquée par la pensée de Teilhard de Chardin sur le sens de l ‘évolution et la dématérialisation de la matière.

Elle découvre chez lui une leucémie. Commence alors un étrange dialogue entre le malade et son médecin, entre l’athée et la croyante. L’un et l’autre, au gré des consultations,  par petites touches, s’interrogent, se découvrent.

La maladie gagne peu à peu, elle ne peut pas le cacher.

Pour survivre il faut avancer, s’élever… C’est le chemin de leurs échanges au cours de huit journées.

Le physicien malade avoue ses interrogations sur les dernières découvertes de la physique quantique qui remettent en cause la vision déterministe et matérialiste du XIXe siècle…

Son médecin lui parle des théories de Teilhard de Chardin sur le sens de l’évolution, sur la création inachevée, sur la notion d'Esprit-Matière comme une solution possible au problème des rapports difficilement concevables entre l'esprit et la matière, l'âme et le corps.

Tout semble les séparer.

Les indiens Cree s’invitent dans la conversation. Le physicien est sensible à leur croyance d’une unité absolue de la création et d’une certaine façon du corps et de l’esprit.

Le pont est jeté. La rencontre entre le médecin et son patient  se transforme elle aussi. Deux êtres sensibles, intelligents, deux visions du monde se rapprochent. On perçoit qu’elles appellent, elles aussi, à l’unité.

Une unité qui annihile la mort semble nous dire l’ultime scène.

Points forts

- Rendre Teilhard de Chardin audible. C’était un véritable défi, tant sa pensée est complexe et nécessite une approche progressive. Pour les ignorants  et les néophytes…  Pari réussi. On sort du petit théâtre avec de grandes idées et l’envie d’en savoir plus.

- La structure de la pièce autour d’une rencontre, et la mise en scène qui malgré son dépouillement et sa simplicité renouvelle à chaque scène, l’attention.

- Le jeu des deux comédiens : Brigitte Damiens en femme de conviction, habitée d’un profond respect de l’autre est d’une grande justesse, comme l’est Eric Auvray, patient condamné, diminué de jour en jour.

Quelques réserves

La pensée de Teilhard de Chardin reste complexe. Il faut parfois s’accrocher pour suivre. Un conseil : laissez vous décrocher quelques instants… la scène suivante – avec, les indiens, les souvenirs ou la leucémie vous remettront sur les rails. 

Encore un mot...

Une belle rencontre.

Une phrase

A la fin de la pièce :

Elle :" Vos yeux se ferment. Nous avons encore trop parlé.

Lui : Ce n’est pas grave. Ca m’intéresse même si je reste sceptique. C’est peut-être bien mieux que d’avoir des convictions définitives. Et tant que je m’interroge, je vis, non ? "

L'auteur

- André Daleux: médecin, animateur du Centre Teilhard de Chardin de Lille. Très bon connaisseur de  Teilhard de Chardin, il avait commencé seul à écrire une pièce pour vulgariser la pensée de Teilhard lorsqu’il rencontra Jean Quercy, homme de théâtre… La pièce s’est alors écrite à quatre mains. Auteur entre autres de : "Permis de croire en l'au-delà", paru aux Editions Aubin; "Teilhard de Chardin, science et foi réconciliées ?" Éd. Gabriandre

- Jean Quercy:  comédien et metteur en scène. Formation au Studio 34 avec Philippe Brigaud et Claude Mathieu. Il réalise sa première adaptation et mise en scène en 2001 avec « L’étrange défaite » d’après Marc Bloch. Puis « Le refus » d’après "Premier Combat" de Jean Moulin, «Dialogue »d’après un texte de Germaine Tillon.

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