Rita au désert

Qu’il est dur de se faire entendre dans le désert
De
Isabelle Leblanc
Durée : 1h30
Mise en scène
Isabelle Leblanc
Avec
Roger La Rue et Valérie Le Maire
Notre recommandation
2/5

Infos & réservation

Théâtre de la Colline
15 rue Malte Brun
75020
Paris
01 44 62 52 52
Jusqu‘au 27 novembre, e mardi à 19h, du mercredi au samedi à 20h et le dimanche à 16h

Thème

  • D’un côté, Rita Houle, 53 ans, rêve de faire enfin son entrée dans le monde des adultes, en participant à un rallye automobile qui se court dans le désert de Gobi.
  • De l’autre, Lucien Champion – le bien mal nommé – rêve, lui aussi, de révéler au monde ses talents de biographe.
  • Croyant voir en elle une héroïne, il lui propose de raconter ses aventures. Mais il devra bien vite déchanter : l’histoire est vide. Circulez, il n’y a rien à voir !
  • « Mais ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule », comme le disait Raymond Devos. Le journaliste déçu entreprend alors, pour exister, d’embellir la vérité et de faire le récit de ce qui n’existe pas.

Points forts

  • On perçoit bien le projet d’Isabelle Leblanc de produire une fiction métaphysique sur la valeur de ce qui n’existe pas et la puissance de la présence.
  • Quasiment seul en scène pendant 1h30 – seule la présence quasi mutique dans la dernière demi-heure de Rita Houle qui exprime ainsi son effacement volontaire face à sa propre histoire – l’acteur canadien Roger La Rue s’empare de l’espace pour le remplir en occupant aussi la place de l’absente. Il y parvient remarquablement, même si la mise en scène peu inspirée ne l’aide pas à prendre cette histoire à bras le corps, dans un décor qui respire la dépossession.

Quelques réserves

  • Malheureusement, Isabelle Leblanc ne réussit pas à nous emporter dans son petit monde comme y parvenait si bien Raymond Devos. On est gagné ni par le charme de l’absurde ni par l’onirisme du surréalisme, mais on assiste plutôt à une suite de propos décousus qu’on a bien du mal à raccrocher à l’histoire.
  • Ce mélange d’aphorismes et de sentences peine à faire une pièce. Certes, le théâtre contemporain s’exprime souvent de façon très distanciée, voire métaphorique, et tend souvent à s’éloigner de son sujet pour mieux le cerner, l’aborder par des chemins de traverse et finalement ne jamais le quitter tout à fait. 
  • Mais ici, l’écart est trop grand et la distance ne se réduit que trop rarement. N’est pas Kafka, Melville dont la nouvelle, Bartleby le scribe, a inspiré l’auteur, Buzzati ou Auster qui veut !

Encore un mot...

Isabelle Blanc, en parlant de sa pièce : « Dans cette pièce, j’ai un désir secret. Celui de sauver ce qui n’a jamais existé. Faire que vive, quelque part, ce qui n’est jamais advenu. C’est une pièce qui pose la question suivante : qu’est-ce qui ne s’est pas passé ? Et quelle est la valeur de ce qui, dans nos vies, n’est pas et n’existera jamais ».

Pari difficile que de donner une matérialité à l’absence de l’autre, et pas complètement tenu. Il est plus de simple de s’expliquer que de donner à cette histoire l’enveloppe charnel qu’est le texte.

Une phrase

« Le portrait est fidèle …
C’’est l’histoire qui ne vous est pas arrivée Rita.
Rien … rien n’est faux, tout ceci est vrai …
C’est l’histoire que vous auriez pu vivre … »

L'auteur

  • Isabelle Leblanc a été formée à l’Ecole nationale du théâtre du Canada. Elle est également titulaire d’une maîtrise en études littéraires.
  • Autrice, metteur en scène et comédienne,  elle a travaillé plus de vingt ans auprès de Wajdi Mouawad (actuel Directeur du théâtre de la Colline), avec qui elle a fondé en 1991 le Théâtre Ô Parleur. Elle en est aujourd’hui la directrice artistique et porte régulièrement ses textes à la scène.

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