Toi et les nuages

La tête dans les nuages
De
Eric Westphal
Adaptation de Hélène Kösem et Delva Famy
Musique de Félix Famy
Scénographie de Simon Thomsen
Durée 1h10
Mise en scène
Hélène Kösem
Avec
Hélène Kösem, Valérie Delva et Alain Peron
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre Guichet Montparnasse
15 avenue du Maine
75014
Paris
01 43 27 88 61
Du 9 septembre au 7 novembre 202, jeudi à 20h45 et dimanche à 18h

Thème

• Adèle et Ernestine sont les deux filles d’un grand zoologiste décédé. Elles sont très proches : Adèle veille sur sa sœur, à la limite de la folie, et elles vivent dans un enfermement croissant. Ernestine a, comme son père, une passion pour les chimpanzés, mais on comprend qu’elle vient d’en tuer un qui avait pris sa poupée. Un ancien élève de leur père, le professeur Zombrovitch, les aide et constitue un lien avec le monde extérieur. Mais il meurt et les laisse seules dans ce monde de nuages. 

• Un colporteur venu vendre des brosses, s’égare dans ce monde absurde : Ernestine le séduit puis l’attache avec des chaînes, comme les singes, et seul le retour de sa sœur empêche le drame. Adèle tente de la ramener à la raison, sans succès, et c’est elle qui se retrouve enchaînée et affamée. Sa sœur finit par la délivrer, elle joue jusqu’à se perdre.

• Et à la fin, elle est perdue : sa sœur et le colporteur s’en vont vers le monde extérieur, tandis qu’on lui fait revêtir une blouse d’hôpital. Elle est prête pour l’hôpital psychiatrique, que sa sœur ne peut plus lui éviter.

Points forts

• La montée de la folie et la confrontation entre la raison et la folie, le monde des nuages, sont remarquablement montrées.

• Les personnages détenteurs de la raison (le professeur de zoologie), du bon sens (le colporteur) sont joués par le même acteur et font un contraste avec le monde des nuages.

• Adèle et Ernestine jouent remarquablement cette pièce difficile : l’une est toujours au bord de la chute, entraînée par Ernestine qui frôle sans cesse la folie, et la mort qui la fascine.

• Les deux sœurs sont malheureuses, mais elles ont une part de bonheur : Ernestine aime séduire et se complaît dans un monde enfantin, tandis qu’Adèle est heureuse, parfois, de retenir sa sœur sur le bord du précipice, même si elle a conscience d’avoir tout sacrifié d’une vie “normale“.

• La mise en scène est simple, mais très évocatrice : le hibou représente l’irrationnel et le maléfique, le tableau de nuages que peint Ernestine l’atmosphère sombre et angoissante. La musique et le bruit du tonnerre renforcent cette atmosphère lourde à la frontière de la folie, où l’irréel et le réel se côtoient sans cesse.

Quelques réserves

• Ce ne sont pas vraiment des réserves : l’atmosphère lourde, la folie ambiante et la mort menaçante créent un climat angoissant. C’est bien sûr volontaire, mais on met un certain temps pour entrer dans ce monde irrationnel. Il faut accepter d’y entrer pour comprendre et il m’a fallu quelques minutes pour faire ce plongeon.

• Les dialogues entre les sœurs sont nécessaires pour opposer le monde réel et le monde onirique, mais ils paraissent parfois un peu longs.

Encore un mot...

C’est tout l’art de confronter le monde du réel et de l’onirique, le monde de la vie et le monde de la mort, le monde de la raison et celui de la folie.

Une phrase

Le professeur : " Il ne sert à rien de fermer les yeux sur la réalité. "

L'auteur

• Éric Westphal est né en 1929 à Montpellier. D’abord journaliste, il travailla ensuite au ministère de l’Économie, puis à celui de la Culture où il devint inspecteur général des spectacles. Il écrivit un roman, La Manifestation, en... 1968, et plusieurs pièces, dont Toi et les nuages en 1971, jouée avec succès au théâtre de l’Athénée. 

• Une vingtaine de pièces se succèdent sur de nombreux sujets : Le Parfum de miel, Jus de framboise… En 1983, le prix Courteline récompensa l’ensemble de son oeuvre.

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