Adieu Kolyma

Voyage en eaux très noires entre pègre et camps staliniens et… l’amour plus fort que la mort
De
Antoine Sénanque
Grasset
Publication le 27 août 2025
400 pages
23,00 euros
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

Sylla, rescapée des camps staliniens de Sibérie, libérée en 1946, vit dans l’ombre à Budapest. Mort-vivante, elle ne vit que pour protéger de loin Kassia, son amour interdit elle aussi survivante du camp. Alors que la ville est blessée au cœur dans les ruines de la révolte de 1956 écrasée par le joug soviétique, la sortie de prison d’un chef de clan déchu va réveiller les fantômes et faire ressurgir une menace obligeant Sylla à reprendre les armes pour prix de la liberté. 

Commence alors un récit épique qui nous fait revenir aux racines du mal, dans les vents glacés des mines d’or de la Kolyma, tout au Nord, là où la température descend à - 60 °...

Points forts

  • Violence concentrationnaire, guerre, trahison, paysages dévorants et amours clandestines… : tous les ingrédients d’un drame shakespearien sont réunis dans ce roman qui plonge avec brio dans les entrailles du bien et du mal.  

  • L’auteur nous entraîne dans les mystères de la mémoire, les cicatrices de l’indicible, la cruauté des hommes quand l’histoire a coupé tout accès à la sensibilité ; l’ambiance crépusculaire d’une Budapest nimbée de brouillard, presque nostalgique, conduit inexorablement les protagonistes au retour vers les mines de la Kolyma, là où tout a commencé. Parce que la vérité doit enfin triompher.

  • D’une plume sèche et nerveuse, nous entrons dans une traque au goût de sang dont la tension ne se relâche pas, avec des phrases choc en clôture de chaque chapitre à la manière des feuilletons de Dickens ou de Balzac du XIXe siècle. Le puzzle se met en place au fur et à mesure des flash-backs maîtrisés. 

  • Le récit est servi par un riche travail de documentation historique qui apporte un souffle supplémentaire de véracité. 

Quelques réserves

Aucune, sauf à craindre une écriture puissante et profonde qui refuse toute fioriture, tout affadissement, toute concession.

Encore un mot...

Il faut écouter, tout au fond, très loin au creux des lignes, les notes en sourdine d’une mélodie de Bach qui offre sa force sacrée pour sortir du néant. Comme un chant étouffé d’espérance en la beauté, malgré tout, de l’humanité. 

Une phrase

« L’Impassible n’essuyait pas le sang qui jaillissait des nuques. Il finissait sa journée recouvert de caillots et dormait avec, sans se protéger du froid, comme sous une couverture de croûtes. Il devait dégouter les maladies car il n’attrapait jamais rien. On disait qu’il avait tué des enfants pour se nourrir et qu’il avait tenu une échoppe sur les marchés d’Ukraine où l'on vendait de la chair humaine. Ce qui était l’exacte vérité. » Page 102

L'auteur

Antoine Sénanque est le pseudonyme sous lequel se cache un neurochirurgien parisien.

En parallèle de sa carrière médicale, il a écrit de nombreux romans depuis Blouse (Grasset, 2004), son premier roman polémique sur ses souvenirs de jeune médecin.  L’ami de jeunesse  (Grasset, 2008), son premier ouvrage hors du thème médical, reçoit le prix Découverte Figaro Magazine. Depuis, ses romans sont salués par la critique. Croix de Cendre (Grasset, 2023) est lauréat du Prix des Détenus, finaliste du Grand Prix de l’Académie Française, nommé au Prix Goncourt et traduit en neuf langues. 

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