Le pays des étés
Parution le 13 août 2026
292 pages
19 euros
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Thème
“Grand-mère avait pris congé”: le roman s’ouvre avec un décès. Il s'agit de la grand-mère du narrateur, cette figure familiale aimée, dans la maison de laquelle il passait ses étés, enfant, en Bretagne.
Cette maison est pour le narrateur, le pays du bonheur, le pays de son enfance.
Une enfance joyeuse avec une famille comme un socle solide et des grappes de cousins, d’oncles, de tantes, heureux de se retrouver ensemble, une fois par an, pendant les vacances.
La mort de cette aïeule entraîne la vente de la maison familiale: “avec elle, je perdais un monde entier”. Il faudra commencer le deuil du lieu de son enfance ou peut-être, simplement, le deuil de l’enfance.
Points forts
- Pierre Adrian a décidément l’art de sublimer des scènes classiques d’une famille en savoureux tableaux tour à tour drôles, émouvants, caractéristiques, toujours tellement justes. L’auteur évoque par exemple l’odeur des combinaisons durcies par l’eau de mer, le tiroir à chocolat ou encore les meubles que l’on a toujours vus dans la maison familiale.
- On glisse dans ce roman en douceur, on rentre dans un temps long, Pierre Adrian donne du temps au temps, une agréable impression de durée que l’on éprouve enfant et que l’on ne retrouve plus adulte. Le pays des étés, c’est un sourire affectueux que l’on esquisserait en pensant à notre enfance heureuse.
- Au-delà de l'enfance, Pierre Adrian nous invite à réfléchir au sentiment d’appartenance que l’on peut ressentir auprès de sa famille, d’une maison, d’une région. Qu’est-ce qui fait que l’on se sent “à sa place” ?
- Il y a le deuil de sa grand-mère et puis il y a tous les deuils qui en découlent : la maison de famille qu’il faut vendre, l’acceptation de nouveaux occupants, les souvenirs qui seront donc désormais dans la tête et que l’on ne pourra plus appréhender… un sacré chemin à parcourir.
Quelques réserves
Les mauvaises langues pourraient reprocher à ce roman sa nostalgie, voire sa mélancolie, je n’y vois que tendresse et délicatesse.
Encore un mot...
Avec Le pays des étés, Pierre Adrian continue, pour notre plus grande joie, d'exploiter les sujets que l’on avait tant aimés dans Que reviennent ceux qui sont loin: l’enfance heureuse, les souvenirs, la famille, la maison de Bretagne.
Une phrase
“C'était sur cette route en pente, entre les talus, que je ramassais enfin les premières images de mon enfance qui étaient le sens de ces lieux. Quelque chose en moi changeait. J'étais à ma place. Et malgré la bruine qui souvent assommait le pays, je n'avais envie d'être nulle part ailleurs. Les bateaux assoupis devant leur corps-mort dans la baie, les îles, le phare et les balises, la maison aux persiennes vertes devant le chemin côtier, les massifs d'hortensias semés au bord de la route comme des taches de peinture... Tout était à sa juste place. J'arrivais en Bretagne, le cœur grand ouvert, prêt à vivre avec consentement. Je ne faisais plus qu'un avec l'été et comme lui, chaque année, je recommençais.” P.27-28
L'auteur
Pierre Adrian, écrivain français né en 199l, a suivi des études de journalisme et d’histoire et s’est installé durablement à Rome. Lauréat du Prix des Deux-Magots en 2016 pour La piste Pasolini, il a aussi décroché le prix François-Mauriac de l’Académie française et le prix Roger-Nimier en 2017 pour Des âmes simples, enfin le Prix Jean-René Huguenin en 2022 pour Que reviennent ceux qui sont loin.
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