Sacha contre Guitry (tout contre)

Pour Sacha et pour Guitry
De
Sacha Danino
Mise en scène
Ned Grujic
Avec
Juliette Galoisy, Dominique Bastien, Alexandre Guilbaud, Thomas Marceuil
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre Michel
38 rue des Mathurins
75008
Paris
01 42 65 35 02
Du 12 octobre au 30 décembre, du jeudi au samedi à 19h, le dimanche à 18h

Thème

  • C’est l’histoire de Lucien Guitry, considéré comme le plus grand comédien de son époque et de son fils Sacha, qui, marchant sur les pas de son père (qui tenta de l’en empêcher), lui fit de l’ombre, lui piqua sa maîtresse pour en faire sa femme, se fâcha puis se réconcilia …
  • C’est également l’histoire d’Alexandre, jeune quadra, rejeté par son père, qui tombe par hasard chez un bouquiniste sur un livre racontant la tumultueuse histoire des Guitry.
  • C’est donc l’histoire universelle d’un père et de son fils. Et d’un livre, pour apprendre à tourner la page.

Points forts

  • La pièce n’est pas un florilège de bons mots de Guitry que l’auteur aurait cherché à faire rentrer dans la pièce avec un chausse-pied. Ce type d’exercice, qui cherche davantage l’accumulation que la cohérence, fait rarement une bonne histoire.
  • Au contraire, le parti pris de Sacha – tiens donc ! – Danino est d’écrire une histoire, et même deux, qui se font écho, sur les thématiques éternelles de la transmission, l’amour filial, l’acceptation et le pardon. Les deux histoires sont enchâssées l’une dans l’autre ; les spectateurs naviguent facilement entre les deux.
  • C’est ainsi l’occasion de revivre la grande époque de Sacha Guitry, comédien mais surtout auteur prolixe et inspiré, dont Sacha Danino éparpille avec justesse quelques citations tout au long de la pièce.
  • Sacha contre Guitry est porté par un remarquable quatuor de comédiens - une femme et trois hommes - qui incarnent leurs personnages avec un juste équilibre entre drôlerie et émotion. Mention spéciale pour Juliette Galoisy, qui se glisse dans la peau de divers personnages avec une magnifique aisance.
  • Enfin la mise en scène est dynamique et enlevée, les personnages surgissent et disparaissent avec fluidité et grâce. Une mention spéciale également pour les costumes de Magali Perrin-Toinin qui nous rappellent que, dans les années 1920, l’élégance ne se trouvait pas uniquement dans les mots.

Quelques réserves

  • La relation entre les Guitry père et fils repose aussi, au-delà de l’émotion qui les étreint, sur une qualité de dialogues « dans le style de l’époque », et qui intègre quelques belles “saillies“, dont Guitry fils aimait parsemer ses pièces. Pour l’histoire d’Alexandre, plus contemporaine, le langage usuel d’aujourd’hui, semblera forcément plus plat et moins brillant.

Encore un mot...

  • « Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est Lucien Guitry qui m’a soufflé l’idée d’écrire une pièce sur ses relations avec son fils Sacha. Nous étions au restaurant, et j’étais en train de terminer ma salade d’endives quand il m’a proposé ce projet. J’ai aussitôt accepté. D’abord parce qu’il a bien voulu payer l’addition. Et surtout parce qu’il m’a fait remarquer que j’avais l’occasion d’évoquer ce sujet universel : le rapport entre un père et son fils. Et ça tombe bien, si je puis dire, puisque le mien avait décidé de mourir d’un cancer la même année. Sacha et Lucien Guitry m’offraient donc la chance de lui adresser une dédicace pour la dernière fois. Aujourd’hui, j’espère que mon père, qui est peut-être aux cieux, appréciera la pièce et, plus que tout, laissera un bon commentaire sur internet. » (L’auteur, Sacha Danino).

Une phrase

  • « Je suis contre les femmes … tout contre. »

L'auteur

• Sacha Danino a 47 ans. Il s’est d’abord intéressé à la philosophie, à l’histoire de l’art, à l’ingénierie culturelle et à la communication avant de se diriger vers le journalisme.

• En 2006, son ami d’enfance Sébastien Azzopardi, déjà engagé depuis longtemps en tant que comédien et metteur en scène, lui propose d’adapter avec lui Le Tour du Monde en 80 jours, qui fut leur premier succès (joué 15 ans à Paris sans interruption).

• S’ensuivirent une douzaine de pièces comme Derniers coups de ciseaux, Oh my god ou L’embarras du choix, chroniquées sur Culture-tops, bien sûr !

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