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L’Amour augmenté Nos enfants et nos amours au XXIe siècle

La famille, une valeur «augmentée» ? L’économiste optimiste y croit dur comme fer… et nous ?
De Nicolas Bouzou
Editions de L’Observatoire - 54 pages - 16€

Lu / Vu par

Jean-Louis Chambon, du cercle Turgot
Publié le 12 oct . 2020

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Thème

Nicolas Bouzou  croit que les jours qui sont (à moyen terme) devant nous ne seront pas ceux de l’apocalypse que nous annoncent tous les Cassandre et autres adeptes de la  décroissance : le progrès lié aux avancées scientifiques exponentielles, les énergies nouvelles, le numérique, la réduction progressive des inégalités (il ne partage pas en cela les craintes d’Olivier Babeau dans Le nouveau désordre numérique) portent des espérances réalistes de création de valeur « distribuable » pour l’humanité dans son ensemble. L’humain reste pour lui la plus exceptionnelle et la plus précieuse des ressources terrestres, qui en dépit de ses turpitudes, saura faire des disruptions en cours des opportunités nouvelles.

Dans  cet «amour augmenté»  l’auteur s’attache à démontrer que les nouvelles formes de relations amoureuses et de procréation qui déstabilisent l’ordre établi des conservateurs inquiets, ne tue en rien la famille qui reste une valeur sûre. Les nouvelles libertés (sexuelles ou permises par la génétique), et une conception plus « relâchée » de la fidélité, offrent de nouvelles opportunités pour construire des familles basées sur l’amour, pour  « en  faire peut-être la maison la plus  solide et rassurante qui soit … ». 

Une chronique en partenariat avec le cercle Turgot

Points forts

Ce qu’il y a de plus constant chez Nicolas Bouzou, ce n’est pas le périmètre de ses réflexions, souvent décapantes ; il a en effet depuis plus d’une décennie, notablement élargi son champ d’expertise initiale et très précoce, l’économie, à de nombreux domaines qui vont des sciences sociales à la philosophie en passant par une forte participation médiatique. Certains esprits chagrins, quelques envieux aussi peut être, ont cru voir dans cette « suractivité »  les symptômes d’un «...qui trop embrasse mal étreint».  Ils ont eu tort, car le résultat le plus palpable de cette pluridisciplinarité reste clairement l’enrichissement de sa vision périphérique (dont il peut arriver qu’elle brille plutôt par son absence et par excès de « mathématisation » dans nombre de laboratoires économiques);

 Cette capacité à intégrer dans l’analyse la pluralité de nature et de sens des  facteurs économiques et sociaux lui a permis d'apparaître comme l’un des contributeurs les plus actifs et des plus recherchés du débat économique, comme en témoignent aussi ses nombreuses parutions  best -seller.

La continuité  dans l’expression (l’Adn ?) de Nicolas Bouzou repose sur deux valeurs , deux certitudes : l’optimisme d’abord  et le sens (et la place) de l’humain  dans les  activités  humaines  quelles qu’elles soient.  ce qui paraît d’une grande logique mais semble totalement oublié dans les réflexions économiques comme dans le management des ressources humaines.

 Mais  lui  n’a pas eu à forcer sa nature puisque l’écoute et l’empathie comme la  fidélité en amitié sont ses compagnons de route que lui reconnaissent unanimement ses pairs et ses partenaires journalistes ou professionnels de la  finance.

Points faibles

La force de conviction de l’auteur a tendance à occulter les arguments «  de la frange la plus conservatrice de la société » : quelques témoignages du « bonheur » des familles recomposées ou d’enfants nés d’un couple homoparental  auraient sans doute pu nuancer l’ argumentation.

En deux mots ...

Nicolas Bouzou nous propose d’aller à la rencontre  de cet amour idéal « augmenté » par les spectaculaires avancées des destructions créatrices en cours, avec cette  certitude que «... le monde ne s’écroule pas, la famille ne se délite pas, l’amour ne se dissout pas...». C’est bien volontiers que nous en acceptons l'augure.

Intégrer comme thème, l’Amour dans ce nouvel et brillant essai apparaît comme une sorte d’aboutissement de son œuvre déjà riche, car comme su l’écrire Proust : «.. . l’ amour c’est la plus grande affaire...pour tous ceux qui sont sur la terre.»

Un extrait

« Idéaliser le passé par principe est une  erreur : on postule qu’ une rencontre au bal musette est préférable à une rencontre sur Tinder ; or les  sites de rencontres rationalise le choix  du conjoint»

 « C’est une  erreur de penser que là où il y a un marché, les nobles  sentiments  s’effacent et que...la rencontre ou la fertilité qui font l’objet d’une marchandisation devraient par principe être combattues »

« Le couple est une  structure étonnante et unique qui fournit le sentiment d’irremplaçabilité, la sécurité et l’autonomie, trois  sentiments particulièrement recherchés aujourd’hui. »

L'auteur

Nicolas Bouzou,  à moins de 30 ans, fut le lauréat 2007 du prestigieux prix Turgot pour son ouvrage Petit précis  d’économie paru chez Eyrolles.   Fondateur et dirigeant du cabinet ASTERES société d’ analyse économique et  de conseil, il est également essayiste et auteur de nombreux ouvrages en même temps que chroniqueur sur plusieurs médias nationaux.                                                              

Après le Capitalisme idéal  paru chez Eyrolles en 2010, ont été publiés Le travail est l'avenir de l'homme- l’Observatoire 2012 ;    Logement le fiasco français- Eyrolles 2016 ;   Sagesse et folie du monde qui vient avec Luc   Ferry  XO éditions  2018 ;  La comédie(in) humaine  avec Julia de Funès  L’Observatoire 2018 ;           

Culture-Tops propose d’autres chroniques sur les ouvrages de Nicolas Bouzou :

Le travail est l’avenir de l'homme
L’innovation sauvera le monde
Sagesse et folie du monde qui vient, avec Luc Ferry
Pourquoi la lucidité habite à l’étranger ?
La comédie inhumaine

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